
La tenue d'élections libres crédibles et transparentes en phase avec les dispositions légales et constitutionnelles, est un impératif crucial, pouvant permettre de consolider notre jeune démocratie, afin de sortir du cycle vicieux du recommencement perpétuel dans lequel nous sommes plongés depuis des années.
Tous les acteurs impliqués dans le processus électoral guinéen s'accordent sur un fait palpable et évident : les conditions de l'organisation d'une élection présidentielle libre, crédible et transparente ne sont pas encore réunies. C'est d'ailleurs pour cette raison que les partenaires techniques et financiers comme l'Union européenne, la CEDEAO et l'une des parties prenantes au processus, l'opposition ont demandé le report du scrutin préalablement prévu le 11 octobre prochain, pour permettre la mise en application effective de toutes les conclusions de l'accord signé le 20 août dernier.
La CENI, une habituée des faits
La manière avec laquelle la Commission électorale nationale indépendante gère l'organisation du scrutin présidentiel laisse à désirer. Alors qu'un accord a été signé en bonne et due forme entre protagonistes du scrutin présidentiel, elle se devait d'être à mesure de procéder à l'application de cet accord. Mais elle semble, ou plutôt fait semblant d'être déconnecté de la réalité.
En effet aucune mesure prise par elle n'est entreprise dans le sens de procéder au toilettage du fichier, si ce n'est celui d'avoir constaté les irrégularités absurdes. Des centaines de milliers de mineurs enrôlés des doublons, etc . Pire dans sa dernière sortie médiatique, elle a révélé que le fichier électoral a été victime de sabotage par un de ces techniciens.
En outre, Il n'appartient ni à l'opposition ni à la mouvance de donner son accord pour supprimer les anomalies constatées dans le fichier, une fois que cela a été établi par une commission mixte d'experts ; de surcroit composée des deux parties en compétion et ceux de l'institution électorale. La Ceni au lieu de s’assurer de l’effectivité de son rôle, se borne à rappeler que la date du 11 octobre est tenable.
Si les deux autres points de l'accord du 20 août ne posent pas tant que ça de problème, dans leur application, la question du fichier qui représente le nœud gardien de la transparence du scrutin reste en suspens, à cause de l'immobilisme évident. Rappelons que lors des législatives de 2013, les rapports d'observation de l'Union européenne et de la CEDEAO étaient sans appel.
La HAC s'en mêle
Interdire aux médias de diffuser les résultats des bureaux de vote est une pilule difficile à avaler pour les médias ; eux qui comptaient à cette occasion contribuer ainsi à préserver la paix et la stabilité. Dans toutes les démocraties, grandes ou en construction, les médias jouent un rôle capital dans la transparence des élections. La seule garantie qui puisse demeurer c'est la transparence et l'équité, c’est pourquoi, la HAC et les médias devraient trouver un terrain d’entente favorable à l’expression populaire. C'est possible.
Récurrente conciliance Mouvance-Ceni
Lorsqu'une coïncidence est quasi systématique dans sa répétition, elle devient une norme. Le dire, ce n'est pas aller vite en besogne mais plutôt faire un constat. Lors du dialogue inter-guinéen et celui qui l'a précédé ou suivi jusqu'à la signature de l'accord du 20 août, les positions de la mouvance présidentielle et celles des émissaires de la Ceni semblaient de façon récurrente se concilier à tout point de vue, alors que, au même moment les deux premiers étaient quasiment en désaccord avec l'opposition. Mais la n'est pas la question. C'est le caractère quasi systématique de la convergence de point de vue Ceni-Mouvance qui intrigue, et qui n'a pas laissé de marbre tous ceux qui ont assisté aux débats. Mais de ce point de vue, il est encore possible d'accorder le bénéfice du doute.
La transparence des élections est une avancée pour la démocratie
Élire un président de la république dans toutes les conditions requises de transparence des élections est une victoire pour le peuple, car se serait alors l'émanation de la volonté populaire. Ce serait également une avancée significative dans la construction d'une jeune démocratie. Les commissaires de la Ceni doivent savoir qu'ils ont prêté serment, et doivent le respecter dans l'accomplissement de la mission qui leur a été confiée. Ils ne sont pas à la CENI pour faire élire qui que ce soit, mais organiser une élection qui revient au peuple.
S'ils trahissent leurs serments et se livrent à n'importe quoi, ils seront entièrement tenus pour responsables de ce qui adviendra le lendemain du scrutin. Quelque soit celui qui sera élu, pourvu qu'il le soit dans les règles de l'art.
GCI
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