
Dans interview, l'ancien maire de Kaloum dit tout : les raisons de son départ de l'UFR, ses nouvelles ambitions, son nouveau combat pour donner la victoire, selon lui, au Pr Alpha Condé...
Journal d'Afrique : Que s'est il passé pour que vous quittiez l'UFR et votre ami de longue date ?
Fodé Ibrahima Touré dit Briqui Momo: Je vous remercie pour vous être déplacé jusqu'à moi pour savoir les raisons de ma démission de l'UFR. J'ai rendu ma démission la semaine dernière, suite à l'attitude de M. Sidya Touré, leader de ce parti et de certains responsables plus proches de lui. A l'UFR, c'est le seul qui introduit, qui développe. Ce qui n'est pas normal pour un parti qui se dit démocrate. Je ne me sentais pas à l'aise à l'intérieur du parti. Moi, je suis un homme du peuple qui est avec les militants et qui les écoute.
Mais vous saviez tout ça depuis longtemps ; pourquoi c'est maintenant que vous démissionnez ?
Briqui Momo : La décision d'aller signer l'alliance avec l'UFDG de Cellou Dalein sans consulter la base. Ça été une décision unilatérale. Les militants n'ont pas été consultés à la base. C'est frustrant et antidémocrate. J'ai démissionné parce que personnellement, je ne pouvais pas supporter un tel comportement de la part d'un président de parti. En le faisant aussi, j'ai exprimé non seulement ma volonté, mais celle de nombreux militants déçus.
JDA : On a appris que vous ne participiez pas aux réunions du parti qui se tiennent au siège, à Matam. Donc vous ne pouviez pas être informé des décisions qui se prennent ?
BM : J'ai appris ça aussi. Mais aller aux réunions pourquoi faire ? Pourquoi dire ? Quand on sait que c'est une seule personne qui va parler et conclure. Pourquoi assister à des réunions ? Certains responsables de l'UFR et pas les moindres, m'ont donné raison ! Ils me disent, mais Monsieur le maire, tu as raison parce que là bas c'est la pensée unique. C'est un seul qui parle. Et je vous apprends ! C'est ce comportement de la pensée unique qui a entrainé le désastre que l'UFR connait aujourd'hui.
JDA : Pourquoi vous n'aviez pas fait cas de cette situation à M Sidya Touré, leader du parti, qui est un ami à vous depuis une cinquantaine d'années ?
BM : Tout ça est fait. Vous pensez que je ressemble à un homme qui suit aveuglément quelqu‘un sans lui dire la vérité ? Non. Ce n'est pas cet homme qui est devant vous. Je ne suis pas un béni oui-oui. Mais si tu parles à quelqu'un, tu lui dis, donnes des conseils et que tout ça tombe dans les oreilles du sourd, vous voulez qu'on fasse quoi ? Il faut le laisser ! Et chacun suit son chemin !
JDA : Vous êtes au courant que votre démission a suscité beaucoup de réactions et de commentaires à travers le pays et même à l'extérieur ?
JDA : Tout le monde sait ce que je représente dans ce pays. Tous les Guinéens savent le poids politique que représente la capitale. Allez-vous renseigner à travers les quartiers de Conakry. On vous dira qui est Briqui Momo. Je suis avec le peuple. Je suis un home du peuple. La preuve. Je reçois des coups de fils partout pour saluer ma décision et me féliciter.
JDA : Certain par contre, certains disent que vous ne représentez plus rien aujourd'hui à Kaloum ?
BM : J'invite ces gens qui pensent comme ça sur le terrain. Qu'ils viennent démontrer à Kaloum que Briqui Momo ne représente rien encore. Je pense que mes amis d'hier, sont aujourd'hui paniqués devant la démonstration de force que je suis entrain de faire sur le terrain. A Kaloum j'ai la majorité avec moi. C'est ce qui a d'ailleurs motivé ma décision de quitter l'UFR. C'est plutôt l'UFR qui ne représente plus rien aujourd'hui à Kaloum ; ce n'est pas Briqui Momo. Qu'ils se détrompent ?
JDA : Dite-nous, M Touré, pourquoi êtes-vous aller au RPG ? On vous a proposé un poste ?
BM : Je suis allé au RPG par conviction. Je ne suis pas en quête d'un poste. Je n'ai jamais exercé une activité dans l'administration publique, parce que je n'ai jamais été fonctionnaire. Le premier poste que j'ai eu a occupé en Guinée et qui est en relation avec l'administration c'était la Mairie. Il était électif. Mais, il faut laisser le chien aboyer, la caravane passer.
JDA : Doit-on croire que vous avez claqué la porte de l'UFR pour aller au RPG par simple conviction ?
BM : Je ne pouvais pas continuer à rester dans un parti où on fait l'apologie du chef. Où seul le chef est intelligent, est beau, est le plus fort, le plus doué, seul détenteur de la vérité...
Ecoutez, arrêtez moi ça ! Tu entends dire «l'UFR est un grand parti, c'est le parti qui a un grand chef, c'est le parti d'un grand homme... » Quel grand parti ? Quand on sait que c'est une petite communauté qui s'est battue pour relever le défi électoral ! Je crois que ces gens ont intérêt à la fermer. On parle de transversalité. Mais cela n'existe que dans le bureau exécutif ! Les résultats nous ont prouvé le contraire sur le terrain. Je suis allé vers le RPG parce que je n'aime pas la pensée unique (....)
JDA : Monsieur Touré, d'aucuns vous accusent d'avoir incité certains habitants de Kaloum acquis à votre cause, à insulter le leader de l'UFR. Est-ce vrai ?
BM : Non. C'est faux ! Les gens racontent n'importe quoi dans l'intention de me salir. Mais ils se fatiguent. Je suis un garçon bien éduqué. Mon éducation ne me le permet pas. A aucun moment de ma vie, je n'ai insulté quelqu'un. Je ne me bats jamais sur ce terrain. Je crois que c'est de leur côté. Ce sont eux qui détiennent la palme d'or d'injures. Ce sont eux qui font descendre les femmes dans la rue pour insulter. Tout le monde les a vus. S'ils sont en manque d'arguments qu'ils le disent. Je n'ai jamais insulté et je ne l'ai jamais demandé.
JDA : Comment peut-on qualifier aujourd'hui votre soutien au Pr alpha Condé, quand on sait qu'hier vous étiez l'un des éléments-clés auprès de Sidya Touré ?
BM : J'ai démissionné de l'UFR pour avoir la conscience tranquille. Je ne peux pas être à l'UFR et soutenir le Pr Alpha Condé. Donc mon soutien c'est celui d'une personne ressource à la candidature du Pr Alpha Condé. Ce n'est pas une adhésion au RPG.
JDA : Votre sondage pour le second tour arithmétiquement avec les alliances qui sont faites autour de Alpha Condé,
BM : Je ne vois pas comment Cellou Dalein pourra gagner puisqu'il est seul. Les autres partis ont couru vers lui, ne sont que des coquilles vides désormais, ils ne peuvent rien lui apporter. Ils sont partis avec lui sans leurs militants. C'est ça la vérité.
JDA : Ne craignez-vous pas un affrontement avant et après le deuxième tour à Kaloum ?
BM : Pas du tout. Donc l'histoire politique de Kaloum, jamais, les populations ne se sont affrontées. On parle, on discute, on se querelle, on crie, mais jamais d'affrontements physiques. A Kaloum, les familles se connaissent. Les querelles politiques ne vont pas loin.
JDA : Que faites-vous aujourd'hui de votre amitié avec M Sidya Touré ?
BM : Pour le moment, nous avons des points divergents. On ne perçoit pas de la même manière la politique. L'amitié, c'est différent. Pour l'heure, nous ne sommes que des adversaires politiques sur le terrain. C'est tout.
Une interview réalisée par Louis Espérant Célestin in JOURNAL d'Afrique N°046 du 06 août 2010




















