PREPARATIFS DES EXAMENS: Dans les coulisses des internats

A l’approche des évaluations de fin d’années, les élèves et leurs encadreurs ont recours à une nouvelle tendance en matière de révision: le phénomène des internats. Se distinguant des types de préparation classiques par le fait que les élèves déménagent quasiment dans leurs lieux de révision, les internats nécessitent par ailleurs des frais conséquents de la part des parents. En termes de d’efficacité, les divers acteurs de cette nouvelle mode disent en être satisfaits. « Nous sommes ici dans de meilleures conditions. Il y a l’eau, l’électricité et le manger est servi a temps.». Cette opinion confiée par la candidate au baccalauréat, Fatoumata Traoré à propos des conditions qui prévalent dans son internat, sont globalement celles que donnent tous les élèves ayant recours à cette méthode de révision. Il y a tout de même un bémol à cette appréciation positive quand on sait que, selon la même candidate, pour tous les participants à l’internat, il n’y a que deux salles, une pour les filles et l’autre pour les garçons. Pourtant, dans la quasi-totalité des cas, les parents déboursent au minimum une somme de 100 000 GNF. Car à ce montant forfaitaire destiné à rémunérer l’effort que consentent les professeurs qui se succèdent pour fare réviser les élèves, les parents doivent aussi se saigner par rapport à divers autres frais liés notamment à l’alimentation du ou de la candidat(e). D’autres encore vont jusqu’à accorder le prix d’achat de cartes de recharge pour que les enfants puissent signaler le moindre problème à la famille... 13:51 28-5-2012

Pour autant, au regard de tout ce qu’investissent ses parents au compte de sa participation à l’internat, Alsény Touré, candidat au BEPC, ne pense pas que les professeurs se sacrifient suffisamment. C’est ainsi qu’il implore : « la seule chose que je peux souligner, c’est de dire aux professeurs de nous donner leur maximum pendant cette période de l’internat. Car si on a payé 100.000 GNF, c’est vraiment pour arriver en forme aux examens ». En tout cas, selon lui, c’est la seule chose qui pourrait permettre aux parents d’oublier la somme ainsi dépensée.  

Du côté des professeurs, comme on pouvait s'y attendre, des plaintes, il y’ en a. « Ce qui est déplorable c’est que certains candidats n’ont pas du tout le niveau.  Par ailleurs, les professeurs que nous sommes éprouvons quelques inquiétudes à nous déplacer la nuit car à l’occasion on s’expose à de gros risques », regrette ainsi  Monsieur Amadou Damas Touré, professeur de physique  au lycée Matam. Avant d’ajouter qu’en plus, « on nous paye toujours en tranches et là aussi avec un retard ».

De la part des organisateurs de ces internats, on assure réunir toutes les conditions. C’est du reste ce que Camara Daouda, Professeur de Français au Groupe Scolaire Hadja M’Ballou, dans la Commune de Matam, confie en substance : « On a réuni toutes les conditions nécessaires pour que les candidats se sentent à l’aise. Les filles sont à part, les garçons sont à part et dans chaque salle, la ventilation marche bien. On a un effectif de 600 élèves à présenter comme candidats, pour tous niveaux et options confondus ».  

Selon lui, la programmation des différents professeurs est telle que, pour ce qui est  de la phase nocturne, il y a un groupe de profs qui passe de 19 heures à 0 heure et un second qui officie de minuit à l’aube. Dans la journée, les révisions auraient lieu de 8 heures à 17 heures. Ce professeur de Français prend également le soin de préciser que sur les 100.000 GNF que verse chaque élève, « On paie 30 litres de gazole tous les jours et on assure la nourriture des professeurs qui sont en résidence ».

De la part des parents d’élèves, on estime que tout se passe bien et espère surtout que ces fameux internats aideront les enfants à obtenir leurs différents diplômes. Pour Kaba Conté, chef de quartier à Hermakonon et dont le fils est candidat au prochain bac unique : « Pour ce que je sache, tout se passe bien là-bas. En tout cas, sur la base des informations qui me sont parvenues, il n’y a pas encore de plaintes. J’en conclus qu’il n’y pas encore de mal. Naturellement, il n’a pas été évident de réunir les 100.000 GNF et tous les autres frais qui s’y ajoutaient. Mais il a bien fallu se débrouiller. Parce que je veux voir mon enfant réussir à son prochain bac unique... »

Cependant, il faut dire que malgré cette opinion plutôt rassurante, il arrive que les encadreurs de ces internats soient confrontés à des situations délicates et imprévisibles. C’est ainsi que notre reporter a été témoin d’une bagarre opposant deux candidates évoluant dans un internat situé dans la commune de Matam. Une situation inhérente à ce genre de regroupement que les encadreurs avaient réussi à gérer sans nécessairement faire intervenir les parents de l’une et de l’autre des "bagarreuses". Question d'humeur, de tempérament et surtout de stress...   

Les examens nationaux prévus au mois de juin, commenceront par   d’entrée en 7ème année dont les premières épreuves seront lancées le 7 juin prochain sur touts l’étendue du territoire nationale.  

Ousmane Boni Sylla pour GuineeConakry.info  

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