PORTRAIT : Facinet YATTARA, un médecin engagé contre Ebola

Nous sommes dimanche 28 juin 2015. Sous la tente de circonstance installée pour la réunion des partenaires de terrain, on entend : « Nous ne voulons point baisser les bras. Nous sommes ici, en ce jour férié, car l’urgence ignore les jours de repos. Notre zone est actuellement la plus active du pays. Pour cela nous devons continuer le combat.» C’est Dr Facinet Yattara qui s’exprime ainsi. Il est le coordinateur préfectoral de la lutte contre la maladie à virus Ebola pour Boké.

Sa bonhomie naturelle cache mal son dynamisme opérationnel. Dr Facinet Yattara, ce sexagénaire averti, a été de tous les combats. Après de brillantes études en médecine à l’Institut polytechnique Gamal Abdel Nasser de Conakry, il part pour la Guinée Bissau exercer dans des conditions sommaires. Il y fait un travail extraordinaire de proximité.

L’UNICEF le recrutera plus tard comme Administrateur national chargé de la Survie, il travaillera pour l’organisation en Guinée et en RDC, réalisant de grandes activités dans le cadre du Programme Elargi de Vaccination et de la maternité sans risque. Et depuis l’apparition d’Ebola, il est encore au front. Il a gagné la lutte contre la maladie à Macenta, en Guinée forestière, avant d’être affecté à Boffa, puis à Boké pour poursuivre le combat.

Il anime donc ce matin une réunion stratégique pour évaluer la campagne de recherche active de cas de MVE, dénommée ‘’ micro cerclage’’. On analyse ici le cas d’un Mohamed Coumbassa, du village de Tamaransy, soupçonné d’être à l’origine de la maladie; guéri ‘’spontanément’’, il aurait avant contaminé sa mère, qui en est morte. Il a toujours refusé d’être prélevé et se cachait. Exceptionnellement, il a été mis en garde à vue, de manière sécurisée. Il a enfin accepté de se faire prélever, mais seulement dans son village ! Ce qui  a été fait dans la journée de ce dimanche 28 juin. Les résultats sont attendus, mais cela prendra un peu plus de temps, car il s’agit d’examens sérologiques.

Dans cette période délicate, le suivi des cas suspects est un point nodal. De même les contacts à suivre et la question des alertes à Boké, Kamsar, Kolaboui, Sangaredi, Tamaransi et autres localités, pour des enterrements dignes et sécurisés, sont ici des sujets de première importance. Aujourd’hui par exemple, les taux de suivi exposés sont particulièrement intéressants. Pour la préfecture de Boké le 27 juin, ce sont 176/178 contacts identifiés qui ont été effectivement suivis, soit environ 99%. Les deux manquant à l’appel, le seraient pour travaux champêtres et voyage. Alors, Dr Yattara appelle les agents communautaires et médecins engages dans la lutte « à redoubler de vigilance, car en cette matière de cerclage, même un seul cas est à prendre au sérieux pour éviter tout risque ». Des investigations conséquentes sont engagées.

Au cours de cette rencontre essentielle au bon déroulement de la campagne, les informations sont partagées. Les participants que sont l’UNICEF, l’OMS, MSF, la Croix Rouge, l’UNMEER, l’UA, MSF IMC, AGIL, WAHA, et autres interviennent tour à tour, qui pour apporter des précisions complémentaires, qui pour poser des questions de compréhension pour une meilleure poursuite des activités  sur le terrain.  

Le coordinateur préfectoral écoute tout le monde et fait en sorte, avec rigueur ou souplesse, que personne ne confisque la parole, pour allonger inutilement la réunion qui se veut pratique et surtout stratégique. Les questions de détails se discutant dans les commissions techniques ou des groupes de travail ad hoc, ici il est question de vision, d’approche, de résultats, etc.

La séance aborde la surveillance et de prise en charge. Elle constate que sur les 19 familles identifiées au départ, seules 15 sont effectivement présentes, malheureusement des échauffourées ont été enregistrement au cours de la fourniture des intrants.  Des dispositions pratiques sont proposées par le PAM pour mieux encadrer la distribution alimentaire, notamment le riz, la viande, le poisson et autres victuailles.

Quand la cellule communication intervient, elle explique comment, avec l’appui des comédiens et autres artistes traditionnels, elle est arrivée à contrer les rumeurs et les réticences concernant le ‘’confinement’’ et autres histoires de poissons pourris ou riz empoisonne, véhiculées consciemment ou non par certains individus. Ou encore, le cas de certains parents qui, pour raison de confinement, voulaient empêcher leurs enfants de se rendre à l’école. La cellule, en partenariat avec les radios Espace Kakandé, Radio Rurale Boké, Radio CBG et la RTG, développe des émissions quotidiennes contre la stigmatisation de Tamaransy, village ‘’confiné’’ du fait de son état de foyer actif de la maladie a virus Ebola. 

La réunion se termine sur des notes d’espoir, dans 48 heures, le Centre de Transit de Boké sera achevé, pour aider dans la lutte contre la fièvre hémorragique. Et Dr Yattara, le coordinateur préfectoral ne peut cacher son immense joie. Il dit, heureux : « Nous avançons à coup sûr vers la victoire !»

Justin MOREL Junior

Consultant en Communication

Camp Boké

29 juin 2015

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