
Au cours d’une précédente rencontre, les leaders politiques de l’opposition avaient donné les couleurs. Au cas où le premier ministre, dans la réponse à leur ultime correspondance, ne consentait pas à satisfaire à leurs revendications, ils avaient promis de se faire entendre. Eh bien, c’est ce que Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Cie viennent de faire à l’issue de leur réunion tenue ce lundi au QG du leader de l’UFDG à Hamadallaye.
Comme on le disait plus haut, leur principale requête demeure la mise en place d’un cadre de concertation. Parce qu’ils souhaitent qu’on rediscute de l’accord politique global du 3 juillet 2013, dont plusieurs dispositions, à leurs yeux, souffriraient d’un défaut d’application. Mais on a l’impression que des aspects plus imminents et plus concrets les ont davantage précipités tout d’abord vers la réunion de ce lundi, puis vers les décisions qui en sont issues.
Il s’agit tout d’abord du déploiement sur le terrain, par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), d’agents en charge de la correction des anomalies constatées lors des élections législatives du 28 septembre dernier. Ensuite, l’annonce par la même CENI de son intention de recruter prochainement un opérateur technique en charge de la révision des listes électorales.
Pour l’opposition guinéenne, ces deux agissements de l’instance en charge de l’organisation de toutes les élections et du référendum en Guinée, est une sorte de fuite en avant dont l’objectif est de mettre certains acteurs du processus électoral devant le fait accompli. Mais la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, c’est certainement l’interdiction du conseil national de l’Union des forces républicaines (UFR) de l’ancien premier ministre, Sidya Touré, dans l’enceinte du palais du peuple. Bien qu’avec notamment l’intervention de certains diplomates occidentaux, la rencontre du samedi dernier fut finalement autorisée, l’opposition y voit tout de même une volonté du pouvoir de lui interdire certains espaces publics.
En conséquence, les adversaires au régime du président Alpha Condé, unis au-delà de la querelle entre opposition parlementaire et celle extraparlementaire, ont essentiellement décidé de deux choses :
· D’abord du retrait de l’Assemblée nationale pour ceux qui y étaient
· Ensuite, de la relance très prochaine des marches de rue.
En gros, la date de ce lundi pourrait être retenue comme le point de départ d’une nouvelle rupture entre le pouvoir et l’opposition en Guinée. Concrètement, cela pourrait se traduire par la reprise de la violence d’abord verbale, ensuite physique. Et puisqu’en raison des enjeux électoraux croissant au fur et à mesure que nous approcherons de la fin du mandat de l’actuel locataire du palais Sékoutouréyah, personne n’entend reculer, la Guinée pourrait être partie pour une très longue période d’instabilité. Avec comme corolaires principaux, des risques d’affecter davantage la cohésion nationale, une baisse substantielle des activités économiques et, bien entendu, de nombreuses violations des droits humains dont notamment des morts, des blessés et des destructions de biens publics et privés.
Tout cela parce qu’au lieu de privilégier sociale en prenant notamment en compte la fragilité politique du pays, les acteurs politiques, qu’ils soient du pouvoir ou de l’opposition, pensant tout d’abord et essentiellement à eux-mêmes, demeurent tous dans des logiques radicales.
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















