POLEMIQUE: L’imam de Fayçal dresse le bilan d’Alpha Condé... au vitriol

C’est certainement la surprise de ces derniers jours! Il s’agit bien entendu du fameux sermon d’Elhadj Mamadou Saliou Camara, premier imam de la mosquée Fayçal. Prêche dans laquelle le leader religieux et co-président de la commission provisoire de réflexion sur la réconciliation nationale s’est autorisé à faire le bilan du président Alpha Condé. Le problème c’est que celui que le chef de l’Etat n’appelle que « mon oncle » n’y est pas allé de mains mortes. Il s’est montré particulièrement critique et a affiché sa déception par rapport aux presque deux ans du magistère d’Alpha Condé. Il n’en fallait pas plus pour que nos confrères de "Le défi" plutôt proche de l’opposition saisissent la balle au bond et enfoncent le couteau dans la plaie. Ce que les uns pourraient assimiler à de l’audace et les autres à de l’impertinence qui vire vers un acharnement anti-déontologique. Une photo de l’imam Elhadj Mamadou Saliou Camara avec le titre accrocheur "Alpha Condé n’a rien foutu…". .. 19:55 4-5-2012

C’est là la Une du dernier numéro de l’hebdomadaire "Le Défi". Le titre qui barre la Une du journal n’est pas entre guillemets et à priori n’est pas formellement attribué à l’imam, mais c’est pourtant l’impression qu’en ont eu de nombreux lecteurs et autres observateurs. Au point qu’Elhadj Mamadou Saliou Camara en aurait été irrité et s’en serait offusqué. Il estime que le titre n’est pas de lui. Il s’en serait plaint auprès du CNC qui lui aurait suggéré de porter plainte au cas il estimerait ce recours nécessaire. Ce qu’il aurait fait.

Mais il faut dire que c’est peut-être l’amplification de ses propos via les médias qui semble avoir gêné le grand Imam. Sinon, il est vrai que dans son sermon il n’a pas fait de cadeau au chef de l’Etat. Dans des termes clairs et sans équivoque, il aura tenu à manifester sa déception. Il a notamment dit en langue nationale Sosso : « Sessé mou rabaakhi ». Littéralement, cela veut dire que "rien n’est fait". Là-dessus, il est plutôt catégorique. Pour lui, qu’on le reconnaisse ou non, le constat d’échec s’impose à tout le monde comme un fait. Se voulant encore plus précis, il avait également assené : « nous n’avons pas de routes, pas de courant, pas d’eau ». Il met cette situation en opposition avec l’immense espoir qui, selon lui, avait guidé, il y a bientôt deux ans, la majorité des Guinéens à se prononcer pour « Le professeur ». Espoir qui, à l’en croire, serait en partie fondé justement sur ce prestigieux titre qui précède le nom du chef de l’Etat.

Sur un tout autre plan, il s’est désolé des clivages ethno-régionalistes qui caractérisent aujourd’hui la société guinéenne. Mais à ce niveau, sa cible n’était pas que le président de la République. Tout porte à croire qu’il voulait faire le constat que les politiques sont à la base de cette scission entre les Guinéens. Conséquences, il a appelé ces derniers à resserrer les liens entre eux. Comme pour dire qu’ils ne doivent pas céder à la manipulation et à l’instrumentalisation parce qu’ayant un destin forcément commun. Aux politiques, il a réitéré le conseil selon lequel aussi longtemps qu’on s’évertuera à dresser une partie des Guinéens contre une autre partie, on ne parviendra pas à l’idéal du développement tant convoité.

Tout porte donc à croire que le leader religieux a quelque peu éprouvé une certaine gêne après que ses propos aient été ainsi publiquement exploités. Ce qui peut être compréhensible au regard des rapports cordiaux qui semblaient le lier au chef de l’Etat jusqu’ici. Sinon le titre affiché n’est pas fondamentalement différent de certains aspects de ses propos. Certes, il n’a pas textuellement dit qu’"Alpha Condé n’a rien foutu". Mais il a tout de même dit que "rien n’est fait". Or, il parlait bien entendu du bilan de la gestion d’Alpha Condé. Dans ces conditions, le problème ne peut venir que de l’usage de "foutu" en lieu et place de "fait".

Son propos n’ayant pas été encadré par les guillemets, le journal l’a probablement paraphrasé. Ce qui veut dire qu’au niveau de la rédaction, on a voulu dire ce qu’il a dit en utilisant d’autres expressions que celles dont il s’est lui-même servies. C’est là une pratique plutôt fréquente et admise au sein de la presse. Et pour "Le Défi" dont les rapports avec le pouvoir en place sont plutôt connus, "foutu" lui a semblé plus approprié.

Fode Kalia Kamara pour GuineeConakry.info

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