PLUIES DILUVIENNES : Conakry sous les eaux

La capitale guinéenne depuis maintenant plus de vingt-quatre heures, vit une déferlante pluvieuse sans discontinuité, comme à ses habitudes. Conakry offre ce jeudi 23 juin 2016, un spectacle désolant de saletés jonchant les rues, transportées par les « incontrôlables » eaux usées qui provoquent de véritables inondations à certains endroits, faute de canaux d’évacuation conséquents. Le constat de GCI.

Le spectacle est désolant et indigne d’une capitale du 21 siècle. La forte pluie qui s’est abattue depuis hier jusqu'à ce jeudi matin, a fini par défigurer la capitale guinéenne, dont les rues ressemble quasiment devenues des dépotoirs à certains endroits, sont défoncées un peu partout.

Une capitale défigurée

A Kipé centre émetteur, un quartier situé en banlieue, à basse altitude presque au même  niveau de la mer, les pluies diluviennes ont inondé le rond-point du quartier, créant des embouteillages et obligeant les piétons à retrousser pagnes, pantalons et manches pour se frayer un passage dans les eaux ruisselantes ou stagnantes.

Même spectacle du côté de l’aéroport Gbessia, où le tunnel du pont s’est transformé en égout, faute de système d’évacuation adapté des eaux. La déferlante pluvieuse a obligé également de ce côté plusieurs automobilistes et piétons à rebrousser chemin. C’est pratiquement le même schéma dans toute la capitale avec les fortes pluies de ces dernières heures.

A qui la faute ?

En Guinée, les saisons pluvieuses se succèdent et se ressemblent. A chaque saison ce sont les mêmes cas d’inondations, les mêmes cas d’envahissement des rues par les ordures, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour remédier au problème.

Pour la question des ordures, les campagnes tape à l’œil  d’assainissement,  régulièrement organisées à Conakry par le gouvernorat, n’ont en rien et jamais  permis de débarrasser Conakry de la saleté. Des sommes mirobolantes sont annoncées à cet effet, sans que le moindre résultat tangible ne soit observé sur le terrain. Et contrairement à des capitales comme Dakar ou Kigali, il n’existe aucune politique véritable d’hygiène et d’assainissement, prenant en compte la collecte, le transport, le recyclage et la transformation des déchets. Tout se résume à des campagnes folkloriques, balais aux poings !

Concernant les infrastructures, c’est quasiment un autre scandale. Sinon comment expliquer que dans un pays, où la pluviométrie est aussi importante comme en Guinée, on construit des routes sans canaux d’évacuation aussi larges que nécessaires ? C’est absolument scandaleux ! L’exemple du pont de l’aéroport est assez illustratif de ce laisser-aller dans la gestion des projets d’aménagement, avec toujours en toile de fonds de la corruption, de l’amateurisme et de l’incompétence.

Enfin, le Fonds d’entretien routier n’existe en pratique que par le nom, il suffit d’observer l’état des routes nationales et interurbaines qui se dégradent au fil du temps, au vu et au su des autorités, sans que des mesures palliatives ne soient prises. La saison hivernale aidant ce sont de variables nids de poules et d’éléphants qui s’y creusent.

Bref vivement du patriotisme dans la gestion des affaires. Mais surtout compétence, conscience, probité et patriotisme. Surtout que la météo annonce en plus, toute une semaine de pluie !...

 

Mamadou Aliou DIALLO pour GCI

© 2016 GuineeConakry.Info

Recherche

Suivez-nous

GUINEE: Petit KANDIA "Birin Moulan"



  • Le célèbre chroniqueur est au cœur d’un bras de fer avec Mamadou Blaise Sangaré, conseiller spécial du Chef de l'Etat. Votre site avait relayé cette affaire portant sur des propos diffamatoires attribués à Ras Bath. Ce début de semaine mettra aux pr

Annonce