
Face aux medias nationaux et internationaux qui voulaient le voir et l’entendre qui, pour un scoop, qui par simple curiosité professionnelle, le président Pierre Nkurunziza a joué de la diversion politique. Il a volontairement ignore la tentative de coup d’état manqué de l'ex-général Godefroid Niyombaré, pour se focaliser sur les shebabs somaliens qui, à l’en croire, constituent la réelle menace pour le pays, du fait que des soldats burundais soient engagés, au nom des forces de l’UA et de l’ONU dans la lutte contre ces terroristes.
Le président burundais choisit donc consciemment d’ignorer l’actualité nationale intérieure, pour se montrer plus préoccupé par de possibles menaces extérieures. Il accorde moins d’une minute aux médias sur la question, et seuls les confrères de la radiotélévision nationale, réussiront à le faire revenir, quand il voulait rapidement mettre fin à la rencontre. Il s’exprimera en kirundi, la langue nationale, pour tenter de dédramatiser d’une part, d’appeler à la vigilance, pour sortir de la présente situation, d’autre part.
Comme dans un scenario bien huilé, Nkurunziza s’effacera pour laisser la suite a son conseiller en com, Willy Nyamitwe qui, lui abordera la possibilité ‘’d’un léger report des élections législatives et présidentielle’’, normalement prévues pour le 26 juin prochain. Mais, avec ces 18 putschistes présumés présentés devant la justice, la veille, c’est-à-dire le samedi 16 mai dernier, il faut dire que les choses pourraient bien se corser.
Pour éviter au Burundi une justice des vainqueurs, les Nations unies et les Etats-Unis sont montés au créneau pour dénoncer les violations flagrantes des droits de l’homme et encore une fois, ont conseillé l’abandon de la troisième candidature présidentielle de Pierre Nkurunziza, pour sauver la paix et préserver la constitution.
Encore une fois, Pierre entendra-t-il cet appel à la raison ? Lui qui vient de déjouer par la loyauté de ses thuriféraires militaires, une puissante tentative de putsch, lui, le président triomphant, saura-t-il entendre les cris et les pleurs des populations torturées ou endeuillées ?
Seul maitre à bord, jusques à quand ?
Maria de BABIA pour GCI
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