
Un scrutin marqué par des scènes de violences ayant entrainé la mort d’au moins deux personnes, à Bujumbura. Dans les quartiers fiefs de l’opposition comme Cibitoke et Musaga notamment, le mot d’ordre de boycott est quasiment appliqué et certains ne cachent même plus leur rejet de cette élection dont l’objectif final est de reconduire l’actuel chef de l’Etat. « Cette élection est anticonstitutionnelle, c’est pourquoi, nous n’en voulons pas », ose dire un opposant téméraire. Mais, ceux qui ont voté par peur d’être repérés, s’empressaient d’effacer qui témoigne de leur geste civique. Surtout dans les provinces favorables au pouvoir comme à Gitega.
Gagner coûte que coûte
Comparée aux législatives du 29 juin dernier, il est aisé de constater que de nombreux électeurs ont boudé cette consultations. Beaucoup de responsables de la Commission électorale provinciale indépendante (CÉPI) attendaient quelques fois désespérément devant des urnes affamées. « Elles ne le seront pas pour longtemps car les membres du parti de Nkurunziza vont les bourrer, pour gagner coute que coute les élections », confie une électrice qui se faufile rapidement entre les maisons. La commission électorale nationale a averti : « toutes les voix seront comptabilisées ». Et comme malgré leur mot d’ordre de boycott, tous les candidats de l'opposition ont vu leurs noms imprimés sur les bulletins de vote. Conséquence : ils sont engagés sans le vouloir.
Scenario politique spaghetti
Ce scrutin controversé, dénoncé par la communauté internationale avec en tête, « les Etats-Unis qui préviennent que des élections tenues dans les conditions qui règnent actuellement au Burundi ne seront pas crédibles et discréditeront davantage le gouvernement ». La Belgique, n’en pense pas moins. Elle promet de revoir sa coopération avec le Burundi. Autant d’indices qui ne semblent point inquiéter l’homme fort des collines de Bujumbura.
En attendant les résultats de ce vote qui seront automatiquement rejetés par l’opposition et la communauté internationale, toute cette mascarade politique n’aura servi que l’égo démesuré de Pierre Nkurunziza qui se fourvoie, dans sa quête de légitimité populaire, dans ce scenario politique spaghetti, qui n’honore point son parcours et son pays.
Maria de BABIA pour GCI
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