
Arrivé sur les lieux, entre temps, mon carburant est terminé et je me suis mis à en chercher. C’est en ce moment que des véhicules de bérets rouges sont arrivés et par la suite, une discussion s’est engagée entre les policiers et eux. N’étant pas concerné par ce qu’ils disaient, je me suis mis à l’écart, espérant qu’à l’issue de la discussion, mon déplacement allait aboutir. Quelques instants plus tard, un second véhicule de bérets rouges est arrivé et le commissaire a été embarqué suivi par nous autres jusqu’au Haut Commandement de la Gendarmerie Nationale (HCGN). C’est ce que moi je connais dans cette affaire…’’, a martelé le chauffeur
Selon le commissaire Kissi Camara en service à la Sûreté Nationale, ‘’Nous avons été alertés d’un mouvement suspect au niveau de la DNMG par un collègue de la Police municipale et du coup, j’ai appelé à la Sûreté pour demander un renfort car, au niveau de la direction en question, il y a de l’obscurité. Ceux-ci sont arrivés vers 23 heures, mais vu l’ampleur, le bruit assourdissant des moteurs on ne pouvait pas directement foncer. D’ailleurs le portail était cadenassé et une moto était placée juste en face dudit portail. Nous avons vu un monsieur du nom de Sylla qui a dit être de la Section syndicale de la direction des mines, avec qui nous avons essayé d’ouvrir le portail sans succès. Aussitôt, il y a un autre qui est sorti de l’intérieur de la cour et s’est dirigé vers la moto garée dont il est propriétaire. Il a été interpellé par le chef de mission, Demba Sylla et conduit à la Sûreté et sa moto déposée au Gouvernorat. Avec le concours, cette fois-ci, du syndicaliste, nous avons ouvert le portail et sommes rentrés. A distance, on voyait des gens qui escaladaient le mur. Sylla étant avec nous, j’ai demandé à la garde du Gouvernorat et à certains des agents de la Sûreté, de fouiller toute la cour pour faire l’état des lieux. Mais dehors déjà, il y avait le carburant qui sentait fortement. Dans ce mouvement, il y a un des agents du Gouvernorat qui a attiré mon attention comme quoi, il y a un trou (sous sol) duquel émanait cette forte odeur. J’ai demandé aux autres de descendre et d’aller voir ce qui s’y passe. C’est là où il a été trouvé beaucoup de bidons et fûts de gasoil dont certains étaient remplis. Alors, j’ai appelé mon chef et lui ai rendu compte. Il m’a instruit de récupérer tout ce qui était là et de le déposer à la Sûreté. Nous avons commencé à faire sortir du sous sol, les bidons et fûts de carburant aux environs de 00heure. A 2 heures 35 minutes TU, cinq véhicules de la garde présidentielle sont arrivés avec des bérets rouges armés jusqu’aux dents et leur chef, un certain De Gaulle a demandé d’arrêter tout le travail. Je suis venu vers lui et je me suis présenté, tout en lui décrivant les circonstances. De Gaulle a demandé de prendre tout ce qui était là et de le mettre à leur disposition. Je lui ai fait remarquer que ce qui est entrain de se faire relève des compétences de la Police ou de la Gendarmerie et non d’eux. Cela a amené des discussions et fait monter la tension. Comme ils étaient tous armés, ils ont dit que quiconque se remuait allait être tiré à bout portant. Ils ont fait appel à l’aide de camp du président de la République, colonel Mory Kourouma qui est arrivé et sans chercher à trop comprendre, il a embarqué tout le monde, moi en premier, les autres y compris l’équipe de patrouille du Commissariat Central de Kaloum qui était de passage, bien avant l’arrivée de la garde présidentielle, et qui nous a porté un coup de main… ‘’.
Selon le commissaire de Police, ‘’A part celui qui a été arrêté par lui et déposé à la Sûreté, tous les autres complices de ce vol de carburant ont escaladé le mur et pris la fuite avant qu’ils aient eu accès à l’intérieur de la DNMG… Nous, nous étions là pour faire notre travail. Nous ne sommes pas des voleurs, nous cherchions plutôt à déposer tout ce qui a été trouvé sur place à la Sûreté jusqu’au matin et rendre compte aux autorités. Nous avons fait déplacer le minibus parce que, le pickup du Commissariat central du Kaloum a, au milieu de la carrosserie, un banc en fer serré, donc on ne peut pas y placer même un fût de gasoil, à plus forte raison une dizaine…’’.
A signaler, que les travaux de construction de ce bâtiment R+3 en chantier dont le sous sol a été transformé en station de pompage de carburant, ont été arrêtés depuis plus de 18 mois.
Les quantités de carburant pompées à partir de ce sous sol sont estimées à plusieurs centaines de milliers de litres, aux dires du chargé de Communication du HCGN, le cdt Alpha Mamadou Barry.
Cette affaire devrait être vraiment tirée au clair, car on le sent bien, elle n'est pas aussi simple que les concernés voudraient le faire croire. Il s'agit là d'un réseau qui a siphonné des quantités énormes de carburant valant des milliards et des milliards de francs guinéens. Et dont le pays aura été privé par des magouilleurs bien structurés, assis sur ce qu'ils considèrent comme leur puits de pétrole! C'un pétrogate qu'il s'agit en vérité.
AGP/GCI




















