
Après la manifestation du lundi dernier par les femmes de Bambéto et la sortie de celles de Hamdallaye du mercredi, on avait pensé qu’on observerait une période de répit. Hélas ! L’eau ne coulant toujours dans les robinets à Bambéto, les femmes de ce quartier parmi les plus chauds de la capitale guinéenne, étaient de nouveau dans la rue, ce matin du lundi 17 mars. Prenant au dépourvu bien d’automobilistes, personnels et ‘’taxi-maîtres’’ confondus, elles ont brusquement bloqué la circulation.
Symboliquement munies de bidons multicolores vides pour les unes, de seaux en plastiques pour d’autres, ou encore de vastes bassines pour une troisième catégorie, elles ont subitement pris d’assaut le carrefour de Bambéto. La sortie n’ayant pas été anticipée de la part des forces de l’ordre, les protestataires se sont très vite rendues maîtres des lieux. Erigeant des barricades avec d’énormes roches et de morceaux de bois et des tas d’immondices, elles ont contraint les automobilistes qui voulaient se rendre au centre de Kaloum, à rebrousser chemin ou, empruntant des voies détournées, à rejoindre l’autoroute Fidel Castro, ou la corniche nord. Ce qui, bien entendu, a entraîné des bouchons énormes sur ces deux voies.
Du côté des femmes, elles ont expliqué sur les ondes de certaines radios privées de la capitale guinéenne qu’elles avaient le sentiment de n’être pas prises au sérieux par les autorités. En effet, selon elles, après leurs précédentes sorties, la Société des Eaux de Guinée (SEG) aurait fait venir des camions-citernes qui devaient ravitailler les différentes familles. Pour elles, la mesure ne s’étant pas poursuivie, cela voudrait dire que le gouvernement cherche juste à les amadouer, histoire de les dissuader de sortir. Sans cependant se pencher sur leur problème de manière à trouver des solutions pérennes.
Au sein des populations, bien qu’on comprenne relativement le désarroi qui a amené ces pauvres à descendre dans la rue, on s’étonne cependant de certains aspects de leur stratégie, dont en particulier, le fait pour elles, de s’en prendre à des véhicules. Comme les jeunes badauds qui se mêlent très souvent des manifestations politiques.
Pour certains usagers contraints à ne pas se rendre à leurs lieux de travail, de la part des femmes incarnant très souvent la douceur et la sensibilité, c’est plutôt étonnant. On se félicite toutefois que jusqu'au moment où nous mettons en ligne cet article, aucune victime mortelle ne soit encore déplorée. Pourvu qu'il en soit ainsi de toute la journée.
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















