
Pour lui, une rupture pareille est une honte pour la Guinée. Or, selon lui, la responsabilité est collective. Elle serait à la fois imputable aussi bien au centre national de transfusion sanguine qui n’aurait pas été suffisamment responsable qu’au ministre de la santé qui, à aucun moment, n’aurait évoqué la question en conseil des ministres. Pour le président de la République, une situation pareille est d’autant plus choquante et inacceptable qu’une poche de sang ne coûte que 60 000 GNF.
Aux yeux du président de la République, il ne suffit pas de faire des Etats-Généraux, il faut également que les recommandations servent à quelque chose. Il a saisi également l’occasion pour annoncer qu’aussitôt informé, il aurait fait des commandes de poches de sang au Sénégal, au Burkina Faso et en France. S’engageant à ce que cela ne se répète plus, le président de la République a plus largement flétri certaines pratiques inscrites dans les mœurs de l’administration guinéenne.
A titre illustratif, il a évoqué le cas des cadres qui rejoignent leurs services seulement entre 10 et 11 heures. A propos, il a promis de nouvelles mesures pour faire respecter la discipline de travail. N’oubliant cependant pas que même étant président de la République, il demeure toujours et encore un homme politique, il a repris le thème du "sabotage" des actions de son gouvernement. Pour lui, en partie, la crise de sang qui a fait des victimes ces dernières semaines est aussi l’œuvre des "saboteurs" qui veulent nuire et décrédibiliser son équipe gouvernementale.
De nombreux observateurs laissent entendre que ce discours-là n’a pas sa raison d’être. Le président de la République se doit de comprendre que, sabotage ou pas, il a, entre autres missions, de lutter contre des pratiques qui ont mis de nombreuses années à profit pour prendre racines. En sorte qu’elles font presque corps avec les individus et la société.
Le défi qui est le sien est alors de les combattre et de les vaincre. Il ne devra pas s’attendre à ce que la tâche soit facile.En tout cas.
Pivi Bilivogui pour GuineeConakry.info




















