

Le centre ville africain est donc victime de la séparation fonctionnelle entre la banlieue et le centre urbain qui voit la quasi-totalité des activités économiques concentrées en un seul lieu aux mêmes heures.
Le défi des villes africaines aujourd'hui est donc de parvenir à une déconcentration des activités urbaines. La difficulté des urbanistes sur ce dernier point est de recréer les conditions idéales pour décourager la mobilité des citadins vers le centre ville. Il faut pour cela que de nouveaux quartiers concentrent au même endroit les 4 fonctions de la ville moderne: habiter, circuler, travailler et se recréer.Enfin de compte ,depuis les indépendances, les pays africains ont fait le choix de l'urbanisme historique caractérisé par le statu quo architectural de l'ancienne ville pour conserver le charme d'anntan aux touristes, soit par manque d'investissements.
A quelques exceptions prêtes, à l'instar de Yamoussoukro, la ville africaine en 2010 est en principe le prolongement direct de l'ancien centre ville colonial.
Conakry qui s'étale de la mer vers l'intérieur du territoire, est le prolongement de l'ancienne bourgade de Kaloum, aménagée par les colons français. De même pour Kinshasa dont les 24 communes sont parties de Kitambo.
En 2010, on peut donc penser que la ville africaine laissée par la colonisation est demeurée dans un total immobilisme spatial. Mais de nombreux lotissements qui ont poursuivi l'œuvre des bâtisseurs coloniaux, ont échappé à toute planification ni gestion coordonnée de l'espace.
La prise en charge par les Africains du développement urbain depuis 50 ans, peut être résumée en plusieurs points: la crise foncière de l'Etat en ville, la bataille perdue de la protection des côtes maritimes ou fluviales en ville, les conflits fonciers de l'Etat contre les particuliers ainsi que le désordre environnemental et sanitaire.
L'urgence d'un audit de la sécurité civile urbaine dans les villes africaines postcoloniales.
Au fur et à mesure de la croissance démographique, les villes africaines ont fait le choix de l'urbanisme historique en ne lotissant de nouveaux quartiers qu'un prolongement du vieux centre ville hérité de la colonisation. Dans plusieurs villes africaines des activités sensibles (aéroport, casernes militaires, zones industrielles, dépôt de carburant ou plusieurs ouvrages isolés jusqu'à l'indépendance), ont été rattrapées par l'habitat privé, générant ainsi involontairement un voisinage dangereux pour la sécurité civile.
A Kinshasa, le crash en 1996 d'un avion à l'aérodrome de N'dolo situé en pleine capitale congolaise, est un exemple de voisinage devenu difficile dans les villes africaines entre l'habitat (la sécurité civile) et certaines activités d'intérêt économique.
Sans oublier les cas particuliers du grand marché de Kinshasa ou de l'Université de Kinshasa, source d'attroupements naturels de nombreuses personnes en un seul lieu, au risque d'aggraver des catastrophes ou de rendre périlleuse la mission de maintien d'ordre des autorités de police. Même constat d'insécurité civile à Conakry.
En Guinée, au fur et à mesure de la croissance démographique de Conakry, les autorités ont aussi pratiqué un urbanisme historique en ne lotissant de nouveau quartier qu'en prolongement du Vieux centre ville de Kaloum. Ici encore, plusieurs ouvrages isolés jusqu'à l'indépendance se retrouvent en pleine agglomération urbaine.
Le voisinage dangereux à Conakry explique l'explosion en 2001 d'un dépôt de munition au camp militaire Alpha Yaya de Conakry. Comme par ailleurs, l'Université Gamal qui comprenait 15.000 étudiants à seulement 500 m du quartier ministériel et des ambassades de Conakry, était elle-aussi une source d'attroupements naturels de nombreux jeunes en un seul endroit.
Depuis le Gouvernement KOUYATE de 2007, les autorités guinéennes font subir une vraie cure à l'université nationale, en délocalisant y compris en province, plusieurs facultés.
A suivre.
Par Dr Moké SILUBWE, Recteur de l'Université Kofi Annan




















