
« Fais, Seigneur, que nous puissions soigner les frères touchés par l'épidémie d'Ebola en Guinée Conakry, en Sierra Léone et au Liberia, et ceux affectés par tant d'autres maladies, qui se diffusent aussi à cause de l'incurie et de la pauvreté extrême », c'est en substance la prière que le pape François a formulée hier, en pensant au drame que vivent les trois pays. Il implore la clémence divine. Mais il ne se fait guère d'illusion. Pour lui, l'origine réside dans l'incurie et l'extrême pauvreté. Dans le cas de la Guinée, vu la précarité de l'heure, le diagnostic papal ne souffre d'aucune méprise.
Autre pays qui traverse des moments difficiles, c'est bien la Centrafrique. Là aussi, le souverain pontife a lancé un appel en faveur de la cessation des hostilités et des tueries. Sur place, les fidèles chrétiens ont consacré la messe d'hier à des prières pour que le pays retrouve son climat normal.
Peut-être bien qu'ils devraient arrêter de prier et se décider à faire taire les armes. Parce qu'en réalité, là ce sont les fidèles chrétiens d'une part, et musulmans de l'autre, qui sont acteurs de la barbarie qui menace jusqu'à l'existence même de la nation. Des croyants qui tuent des croyants !
Au Nigéria aussi, le défi politique repose sur des divergences religieuses aggravées par l'extrême pauvreté et l'injustice sociale. Le pape a souhaité que cessent les « atroces attentats terroristes dans certaines zones du Nigeria ». Pas sûr qu'il soit entendu par les combattants de Boko Haram qui, avec l'enlèvement de la centaine de jeunes filles la semaine dernière, s'enfoncent davantage dans leur dérive obscurantiste.
Le message du pape risque également d'être sans conséquence au sud-Soudan. Dans ce pays, les protagonistes, comme possédés par leurs intérêts respectifs, n'écoutent plus la voix de la raison. C'est ainsi que même les agences onusiennes n'échappent à leur furie meurtrière.
Finalement, seul le Mali, avec la libération récente des otages de la Croix-Rouge, célèbre Pâques en gaieté. Au-delà de la joie toute légitime que ressentent les familles des cinq ex-otages désormais entre les mains des autorités maliennes, ce doit être particulièrement réconfortant de partager la fête de Pâques avec les leurs. D'autant plus réconfortant que ce n'était pas particulièrement prévisible.
Pour cela, ils remercieront à jamais les soldats français qui auraient contribué à leur libération.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















