
1er décembre 2002 – 1er décembre 2013
En 1970, le décès du père de Babadjan le libère enfin de la contrainte familiale.
En 1973, en compagnie de l’orchestre fédéral, le Manden Könö, Babadjan participe pour la première fois au festival national à Conakry. Durant son séjour, il tape dans l’œil des musiciens de l’orchestre national Kèlètigui.
A la suite de négociations ardues avec les autorités de Siguiri, Babadjan débarque enfin à Conakry.
En 1977, il entame les répétitions avec l’orchestre Kèlètigui, et va produire avec cette formation musicale son titre phare Maderi. Son association au vocal avec le congolais Ange Miguel donnera du tonus au répertoire de l’orchestre.
En 1982, avec Ibrahima Soumano, Bréma RDA pour les intimes, Wendell Kouyaté, Aphadio Condé et Ahmed Kaba, Babadjan enregistrent une série de titres. Le groupe improvisé aura pour nom les Etoiles de Conakry.
Quelque mois plus tard, il rejoint Abidjan via Bamako pour retrouver Manfila Kanté.
En 1985, Manfila part pour Paris, et Babadjan fonde avec quelques musiciens guinéens le groupe les Etoiles du Mandingue, qui vont se produire à Abidjan.
En 1991, Souleymane Koly fait appel à Babadjan pour jouer dans l’opéra mandingue Waramba, qui livrera 19 spectacles en France.
Par le truchement de Ibrahima Soumano, Babadjan s’installe définitivement à Paris. Là, il va poursuivre sa carrière musicale en produisant en tout et pour tout cinq albums : Sitan, Sabari, Feeling Mandingue, Kankan et A té Foroséla. En tant que requin de studio, il participera à l’arrangement de plusieurs albums d’artistes guinéens comme Dianka Diabaté, Djeli Moussa Kouyaté, et bien d’autres.
Quelques mois avant sa disparition, lors de son dernier séjour à Conakry, Babadjan s’était confié à certains de ses proches. Il avait en projet l’ouverture à Conakry d’un studio, pour aider les artistes de la place, qui n’avaient pas les moyens de rallier Abidjan pour des enregistrements. Malheureusement, le destin en a décidé autrement.
Il s’en est allé au royaume du silence, en nous laissant le souvenir d’un artiste accompli, qui n’avait pas épuisé tout son talent. Son passage dans l’orchestre national Kèlètigui et ses Tambourinis a imprimé une touche toute singulière au répertoire du groupe musical. Le titre "Maderi" est un de ses "best of" qu’on se lassera jamais de déguster. Babadjan aura été une trouvaille qui confirme la maestria de feu Kèlètigui Traoré, homme-orchestre pour qui la musique n’a point de secret.
Dors en paix l’artiste !
Thierno Saïdu Diakité pour GuineeConakry.info
Un ami de Siguiri qui te côtoyait dans le Mandé




















