
Elu en avril dernier à la tête du parlement guinéen, Claude Kory Kondiano semble avoir pris la mesure de sa fonction et la dimension de cette dernière. En tout cas, à l’occasion de la cérémonie inaugurale de la session budgétaire qui s’est tenue ce mercredi, il a livré un discours qui sort quelque peu du conventionnel. Se prononçant bien entendu sur la crise sanitaire autour de l’épidémie d’Ebola et de ses conséquences économiques, mais aussi sur l’ensemble des problèmes qui assaillent le pays, il a quelque fois donné son point de vue, sans nécessairement se préoccuper de ce qu’on en dirait.
La Guinée revient de loin
Partant du diagnostic de la Guinée à la prise du pouvoir par le président Alpha Condé, en 2010, le président de l’Assemblée nationale pense tout d’abord que le pays revient de loin. Accréditant et consolidant même l’argumentaire du chef de l’Etat en la matière, Claude Kory Kondiana a notamment rappelé qu’en 2010 :
ü Le déficit du solde de base du budget de l’Etat représentait 14% du PIB ;
ü Ce solde était entièrement financé par la création monétaire, au moyen de l’endettement du Trésor auprès de la BCRG dont le montant se chiffrait à 6.456 Milliards de Francs Guinéens et l’accumulation d’arriérés de paiements extérieurs ;
ü L’inflation avait atteint 21% en fin décembre 2010 ;
ü Les réserves de change s’étaient amenuisées au point qu’elles représentaient moins d’un mois d’importations ;
ü Le différentiel de change entre le taux de change du marché officiel des devises et celui du marché parallèle était de 20%, on a alors assisté à un avilissement de la valeur interne et externe de la monnaie nationale,
ü Le niveau de la dette extérieure représentait 70% du PIB.
En dépit de cet héritage lourd, le président du parlement qui, comme on peut bien le constater, n’est pas particulièrement en désaccord avec le président de la République, pense que des résultats fort appréciables ont été obtenus durant les quatre dernières années. A l’en croire, au moyen d’une approche particulièrement rigoureuse et avec l’aide « d’un programme formel, puis d’un programme triennal de référence avec le FMI, appuyé de la facilité élargie de crédit », les efforts ont débouché sur une stabilisation du cadre macro-économique, le retour de la confiance de la communauté internationale et de l’engouement de la part des investisseurs. Concrètement, l’embellie se serait traduite par « l’atteinte, en septembre 2012, du point d’achèvement de l’initiative renforcée d’allègement en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE). L’atteinte de l’initiative renforcée d’allègement en faveur des pays pauvres très endettés (IPPTE) a permis à la Guinée de bénéficier de l’annulation des 2/3 de sa dette extérieure et de relancer l’économie qui a enregistré un taux de croissance de 4,5% en 2012 contre 4% en 2011 et 1,9% en 2010 ».
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















