OUAGADOUGOU : L’armée vers la sortie ?

Les efforts conjugués de la communauté internationale, des révolutionnaires burkinabé ainsi que ceux des leaders politiques et de la société civile, pourraient bien finir par payer dans la crise née de la "démission" du président Blaise Compaoré. Alors que l’armée s’était présentée pour assurer la phase intérimaire, la pression accrue est sur le point d’avoir raison des prétentions de la grande muette. Il est de plus en plus question d’une "personnalité civile, consensuelle" et d’une certaine moralité. Quitte à confier à l’armée les rôles régaliens, en cette période particulièrement sensible.

Pression croisée sur l’armée

Le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida avait prestement mis fin aux ambitions du général Honoré Traoré. Mais à son tour, il devrait laisser la place à quelqu’un d'autre. Soumise à une pression impitoyable, l’armée burkinabé admet en effet la possibilité de confier la gestion de la Transition à une personnalité civile. 

Naturellement, les termes utilisés par le lieutenant Zida n’autorisent pas encore à crier victoire, mais les indices sont encourageants. Instruites notamment par les expériences guinéenne et malienne, les parties prenantes à la crise ouverte au Burkina Faso ne veulent plus courir le risque d’associer l’armée à la gestion politique du pays. C’est ainsi que l’Union Africaine, dans une sorte de sursaut d’orgueil, sans doute tardif mais effectif, fixe un ultimatum de deux semaines aux soldats burkinabé pour le transfert du pouvoir à un civil. Plus fermes encore, les Etats-Unis aussi ne veulent pas entendre parler d’un militaire pour gérer la transition.

Des intentions aux actes

Le minimum de consensus acquis au sujet de la gestion de la transition par un civil, les différentes parties travaillent à son effectivité. A propos, une équipe de juristes serait déjà en train de plancher sur le cadre juridique devant régir le processus. En gros, il s’agira de la feuille de route et des limites auxquelles l’équipe dirigeante de cette phase intérimaire sera astreinte. On réfléchirait également à la formule permettant de réactiver la constitution dissoute par le lieutenant-colonel Isaac Zida. Ensuite seulement, on se mettra à la quête de l’homme ou de la femme providentiels.

Qui pour gérer la transition ?

C’est probablement l’étape la plus difficile et la plus déterminante. En effet, au-delà de tous les garde-fous dont on se munira, le succès du processus et les résultats qui en sortiront dépendront de la personne qui aura en charge la gestion de la transition. Il lui faudra en particulier réussir à relever le défi de se situer à équidistance de tous les acteurs politiques et sociaux de la crise.

Le président de la transition devra également concilier les contingences socio-économiques de l’heure et la nécessité d’aider le pays à sortir de cette crise, à travers un processus politique réussi grâce à son caractère participatif. Par ailleurs, il devra faire montre d’un leadership qui lui permette d’arbitrer les conflits d’intérêts qui ne manqueront pas de naître entre les différents éléments qui composeront l’équipe dont il s’entourera. Tâche d’autant plus difficile qu’une partie de cette équipe pourrait justement l’inciter à aller à l’encontre de la charte de la transition. Mais il devra d’autant plus réussir à se mettre au-dessus de telles incitations que le destin immédiat et futur du Burkina Faso tient essentiellement au succès de la mission qui lui sera confiée.

Boubacar Sanso BARRY pour GCI

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