ORQUESTA ARAGON: Soixante quatorze printemps!

Fondée le 30 septembre 1939 par le contrebassiste Orestes Aragon Cantero, la Orquesta Aragon est probablement aujourd’hui la plus ancienne formation musicale en activité. Formation intégrée et harmonieusement accordée à telle enseigne qu’elle ne semble plus être composée d’éléments individuels mortels, la Orquesta Aragon, orchestre national de classe exceptionnelle "A" de Cuba, porte le nom de son fondateur, Orestes Aragon Cantero. En effet, c’est à Cienfuegos, la cité surnommée à juste titre "La perle du Sud" que dans son domicilie même, avec sept compagnons Maestro Aragon, maître menuisier de profession et contrebassiste de passion, créa cette légendaire formation musicale qui fait aujourd’hui la fierté de tout Cuba, qu’elle a déjà dignement représenté dans les plus prestigieuses salles de concerts et de spectacles de notre planète...

Fondée le 30 septembre 1939 par le contrebassiste Orestes Aragon Cantero, la Orquesta Aragon est probablement aujourd’hui la plus ancienne formation musicale en activité. Formation intégrée et harmonieusement accordée à telle enseigne qu’elle ne semble plus être composée d’éléments individuels mortels, la Orquesta Aragon, orchestre national de classe exceptionnelle ‘’A’’ de Cuba, porte le nom de son fondateur, Orestes Aragon Cantero. En effet, c’est à Cienfuegos, la cité surnommée à juste titre ‘’La perle du Sud’’ que dans son domicilie même, avec sept compagnons Maestro Aragon, maître menuisier de profession et contrebassiste de passion, créa cette légendaire formation musicale qui fait aujourd’hui la fierté de tout Cuba, qu’elle a déjà dignement représenté dans les plus prestigieuses salles de concerts et de spectacles de notre planète. Les audacieux acolytes de cette aventure à l’époque où la musique cubaine faisait danser le monde mais ne nourrissait pas son maître étaient les suivants :

1)      Orestes Aragon Can Tero, contrebasse, directeur,

2)      Rufino Roca, piano

3)      Filiberto Depestre, premier violon

4)      René Gonzalez Candelario, deuxième violon,

5)      Orestes Varona Varona, timbales

6)      Onel Morejon, guiro

7)      Efrain Loyola, flûte

8)      Pablito Romay, vocal

Quand Maestro Aragon créa sa Charanga en 1939, il était loin de s’imaginer que sa petite formation de province effectuerait plus d’une centaine de tournées triomphales sur les quatre continents, à chaque fois ovationnée à Mexico, Bogota, Belgrade, Freetown, Santo Domingo, Osaka, Berlin, Bonn, Madrid, Los Angeles, Caracas, Abidjan, Brazzaville, Kinshasa, Conakry, Bamako, Luanda, Varsovie, Prague, Budapest, Dar-el-Salam, Paris, New York, Panama, Santiago du Chili, Beyrouth, etc.

Le groupe donne son premier concert le 30 septembre 1939 dans la ville de Cienfuegos à l’occasion d’une fête privée, dans une maison à l’angle des rues Cristina et Gloria. C’est cette date qui sera retenue pour la naissance officielle de la formation que ses membres ont baptisée dans la précipitation Ritmica del 39. Ritmica, et non Tipica: les musiciens sont jeunes, ils veulent montrer que, s’ils restent fidèles au vieux danzon, leur façon de l’interpréter est pleine de fougue et de dynanisme. Leur nom ne tarde pas à changer, et leur toute première publicité assure: « Dansez avec la Ritmica Aragón, sérieuse dans ses engagements, présentation soignée et répertoire choisi. » Fin 1940, le groupe adopte le nom définitif d’Orquesta Aragón.

En dépit de tous les efforts inimaginables que Maestro Aragon et ses coéquipiers déployaient pour émerger dans la compétition entre les grands de l’époque, entre  autres, Arcano y su Maravilla, Orquesta Sensacion, Fajardo y su Estrellas, Neno Gonzalez, Beny Moré y su Tribu; Aragon resta dans l’anonymat jusqu’à la diffusion de son premier succès ‘’ El Agua del Clavelito ‘’, enregistré par la R.C.A. Victor le 2 juin 1953 ; et dans l’anonymat probablement, il serait resté si Maestro Aragon n’avait pas eu à bénéficier de l’inestimable contribution et collaboration de certains compagnons tels que ce petit garçon de 13 ans qui, un jour d’octobre 1940, en culotte courte, entra dans l’orchestre en remplacement du deuxième violoniste, René Gonzalez Candelario. Ce petit garçon qu’on appelait alors Chiquito, n'était autre que Rafael Lay, l’illustre violoniste chanteur-compositeur et arrangeur qui dès l’âge de 21 ans, en 1948, commença à assumer la direction de l’orchestre Aragon, quand son fondateur fut handicapé par une grave affection pulmonaire.

En effet, bien que Orestes Aragon vécut jusqu’en 1962, Rafael Lay, jeune homme studieux, travailleur et ambitieux avait su se substituer à son maître. C’est pourquoi, on peut affirmer sans nul doute que le succès que connaît l’orchestre depuis 1953, est surtout l’œuvre de Rafael Lay et ses compagnons, surtout celui pour qui, il n’a jamais eu d’autres nom que ‘’ Compadre ‘’ son ami, son sous-directeur et sa flûte, Richard Egües.

Á La Havane, dans les années 50, la grande vogue est au cha-cha-cha, et ce rythme (inventé par Enrique Jorrin) est en train de conquérir la planète. Parrainé par Jorrin lui-même et par le grand compositeur Benny Moré, Orquesta Aragón devient l’orchestre de référence en matière de cha-cha-cha. Le groupe trouve son âge d’or dans les années 50/60 avec une formation dans laquelle figurent - outre Rafael Lay (direction du groupe et 1er violon) - des noms qui ont fait la légende de la musique cubaine: Richard Egües (flûte), Pancho Arbolaez (güiro), Pépé Palma (piano), Guido Sarria (congas), José Beltran (contrebasse), Celso Valdes (violon), Orestes Varona (timbales), Felo Bacallao et Pépé Olmo (chant).

Très vite “cha-cha-cha” devient synonyme de “Aragón”: ils sont signés par le label américain RCA, et triomphent aux Etats-Unis où l’illustre Nat King Cole reprend à son répertoire le fameux titre "El Bodeguero".

Pendant l’hiver 58/59, Aragón est numéro 1, à Cuba, au hit-parade de Radio Progresso, avec le cha-cha "Cuba Cubita Cubitera". L'arrivée de Fidel Castro au pouvoir, le 1er janvier 1959, n'interrompt en rien le succès de l'orchestre, mais va redéployer son assise internationale: c'est la guerre froide, avec le blocus imposé par les Etats-Unis ; la culture, particulièrement la musique, est utilisée comme haut-parleur par le régime.

En 1965 a lieu la tournée-événement “Music-Hall de Cuba”: plus de 100 artistes dont Elena Burke, Celeste Mendoza, Los Zafiros, et Orquesta Aragón se produisent à Paris, Varsovie, Moscou et Berlin. La première étape est Paris, avec trois semaines à l’Olympia qui enthousiasment la critique et le public.

Lors de leur séjour à Paris, l’Aragón se produit également à la Fête de l’Humanité et pendant une semaine dans un club réputé à l’époque, le "Keur Samba". La mode en Europe est alors au rock et au twist: Aragón enregistre plusieurs cha-cha d’inspiration rock ou twist (shake) qui connaissent le succès. Le groupe a toujours eu soin de mêler les genres: outre les rock-cha et shake du début des années 60, Aragón a également enregistré des variations sur des thèmes classiques de Saint-Saëns ou de Tchaïkovski, (sans oublier un parodique et délirant De l’Opéra au cha-cha-cha), et de réjouissantes reprises de standards comme "Volare", "Black is Blac"k, "Un Jour un Enfant" (prix Eurovision 1969).

L’Afrique est l’autre grande aventure de l’Aragón. Après la décolonisation, le continent noir est en pleine ébullition et les oreilles des générations montantes sont tendues vers Cuba: la contagion de l'idéal révolutionnaire, la relecture de la douloureuse question de l’esclavage, font bon ménage avec la légèreté des pas du cha-cha-cha. En 1971, la Aragón découvre l’Afrique longtemps, après que l’Afrique eut découvert la Aragón, avec comme première destination la Guinée (de Sékou Touré) et le Mali.

Il y aura ensuite de nombreuses autres tournées avec au programme, des fêtes officielles devant des parterres de ministres et de diplomates ou des concerts pour le peuple. Orquesta Aragón, ambassadeur et pionnier, seul groupe cubain à sillonner toute l'Afrique, devient, avec l’avènement de la cassette pirate, star absolue de la Guinée au Congo, du Bénin jusqu’à Zanzibar ; allant même jusqu’à inventer un nouveau rythme, le cha-onda, créé par le violoniste Thomas Valdès à partir de sons entendus dans les rues de Conakry. Un rythme venant pourtant de Boké!

Le groupe est toujours resté fidèle à l’esprit qui animait son créateur Orestes Aragón Cantero, cet idéaliste qui rêvait d’une famille régie par l’amour de la musique, et non par le désir de s’enrichir. Le rêve d’Orestes Aragón est réalité depuis 70 ans. Orquesta Aragón continue, dans ses concerts, de nous enchanter d’une musique légère, gaie et insouciante, porteuse d’un esprit de fête.

Lorsqu’en 1997, Lusafrica décide de signer Orquesta Aragón, la formation du groupe a certes changé depuis la période fastueuse des années 50/60, mais c’est un changement dans la continuité: Rafael Lay Junior a pris la direction de l’orchestre et le poste de 1er violoniste, après la mort de son père dans un accident de voiture en 1982. Le doyen de l'orchestre est maintenant le violoniste Celso Valdès, entré dans le groupe en 1960 ; la section violon - qui fait la “couleur” de l’Aragón - étant complétée par Dagoberto et Lazaro Gonzalez, père et fils.

La Aragón est une famille, dans laquelle un nouveau membre n’entre, pour ses qualités de musicien ou de chanteur, que s’il est coopté par les autres musiciens, ce qui assure le maintien de la tradition. Ainsi on retrouve dans la formation actuelle Ernesto Bacallao, le fils de Felo Bacallao, ou José Palma, fils de Pépé. De nombreux jeunes musiciens souhaitent, à Cuba, entrer un jour dans la mythique charanga. Mais la liste d’attente est longue, d’autant que la formation du groupe actuel est jeune, avec des musiciens hors pair comme le timbaliste, Inocente Alvarez ou le flûtiste Eduardo Rubio… Lusafrica a publié 3 albums de la Orquesta Aragón entre 1998 et 2001.

Aujourd’hui, après plus de 70 ans de loyaux et bons services, Orquesta Aragón reste l’une des pierres angulaires de l’univers musical latino américain et afro-cubain. Malgré les évolutions politiques, artistiques, personnelles, la formation est restée fidèle à elle-même, conservant son identité cubaine à 100%, toujours prête à faire danser le public et à transmettre le meilleur de la musique de leur "Grande Ile''.

 Thierno Saïdou Diakité pour GuineeConakry.info 

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