
C’est au pas de charge que les inspecteurs se sont acquittés de leur mission. Présentée à la presse le lundi dernier, la délégation conduite par le Malien Amadou Diakité était à Labé et Kankan le mardi. En compagnie notamment de la ministre des sports, Domani Doré, elle a ensuite consacré la journée du mercredi aux visites des stades du 28 septembre et de Nongo. Avant de s’envoler le jeudi pour N’Zérékoré, le quatrième site envisagé pour accueilli l’éventuelle CAN.
En charge de vérifier la commodité des sites et des infrastructures sportives, la délégation a été ensuite reçue le vendredi par le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana. Audience à l’issue de laquelle le chef de la délégation s’est bien entendu félicité de la mobilisation dont les Guinéens en général, et les autorités en particulier, ont fait preuve au cours de l’inspection.
Pour Amadou Diakité, cette disponibilité est une sorte de confirmation de l’intérêt que la Guinée témoigne à l’endroit des activités de jeunesse, en manifestant son intention d’accueillir la biennale africaine du cuir rond pour les éditions 2019 ou 2021.
Cependant, Amadou Diakité prend soin d’insister sur la qualité des visites : « Nous devons féliciter pour la qualité de l’organisation des visites. Nos visites ont été très bien organisées, le programme est respecté. Nous partons avec de très bonnes impressions ».
Ces dernières seraient-elles exclusivement dictées par la légendaire hospitalité qui caractérise les Guinéens ? Les inspecteurs auraient-ils davantage été impressionnés par le nombre de personnes qui les ont accueillis et applaudis à Labé, Kankan et N’Nzérékoré que par le niveau d’avancement des préparatifs sur le terrain?
La suite des propos d’Amadou Diakité ne laisse place à aucune équivoque quant à la réponse à ces questions : « Nous avons vu l’adhésion populaire, nous avons vu l’adhésion politique, qui s’est exprimée par la présence des membres du gouvernement à nos côtés, et par cette audience ».
Les inspecteurs n’ont donc pas vu la qualité des infrastructures ! Disons plutôt celles capables d’emporter leur « intime conviction ». Dans un tel contexte, on ne peut pas s’étonner devant cette mise en garde également administrée par Amadou Diakité : « Je voudrais attirer votre attention sur le fait que nous ne sommes qu’une commission d’inspection. Nous avons le devoir de rendre compte, de faire un rapport au comité exécutif, qui est la seule autorité, qui peut décider du choix du pays ».
Faut-il y voir un antidote face à une quelconque illusion ? C’est bien possible. Surtout que la Guinée a comme adversaires : l’Algérie, la Zambie, la RDC, la Côte d’Ivoire ou encore le Cameroun.
Finalement, peut-être bien qu’il faudrait, comme certains, voir les chances de la Guinée essentiellement dans le fait qu’elle est la seule à n’avoir pas encore abrité la CAN. Autrement, les inspecteurs eux-mêmes sont d’une prudence qui sonne comme une prémonition. Alors, au travail !
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















