
Menaces après menaces, les opposants guinéens ont fini par se décider à pratiquer la politique de la chaise et des rues pleines, celle qu’elle semble maîtriser mieux que les propos alambiqués des coulisses, ou des plénières de l’Assemblée nationale.
A peine installée au Palais du peuple, l’opposition guinéenne s’est, on dirait aussitôt sentie à l’étroit, la mouvance jouant de sa majorité, s’impose incontestablement comme le maître du jeu politique. Selon Boubacar Sylla de l’UFC, ‘‘Nous constatons qu’avec toutes les démarches que nous avons effectuées, le dialogue ne parvient pas à s’organiser et le gouvernement s’obstine toujours dans sa position, ensuite les accords politiques du 3 juillet tardent toujours à être appliqués, les institutions républicaines qui sont en place sont manipulées. »
Pour les leaders qui avaient pensé en rejoignant le « quadrilatère », car notre Assemblée n’est point un hémicycle, la pilule est dure à avaler. Ils se sentent coincés pris dans le piège politique du jeu démocratique. Simple déduction élémentaire : on ne peut pas être assis à l’Assemblée et debout dans la rue en même temps ! Alors, il faut en sortir pour agir ailleurs.
Point de don d’ubiquité, le pouvoir se montrant de plus en plus gourmand et malin, telle une pieuvre, étend désormais ses tentacules sur tout ce qui peut lui assurer et garantir son prochain succès électoral. L’opposition constate à son corps défendant que « Il y a une interférence du pouvoir au sein de ces institutions ; la CENI est en train de reprendre ses anciennes habitudes, l’accès libre et équitable dans les médias publics et les places publiques entre tous les partis n’est pas une réalité. »
Tous ces constats faits aujourd’hui par l’opposition guinéenne relève d’une évidence élémentaire. Et c’est pourquoi beaucoup d’observateurs s’étonnent de la réaction de l’opposition qui ne réussit pas toujours à faire le front commun intelligent pour changer les choses. Affirmer son unité dans l’action réfléchie, éviter les ’’multicéphalismes’’ ravageurs qui naissent des égos débordants.
Le départ des nouveaux députés opposants de l’Assemblée a, malheureusement un air de déjà vu. Alpha Condé, Jean-Marie Doré sont déjà passés par là. Quand on part, il faut savoir revenir. Et pour éviter de le faire par une porte dérobée, il faut alors que les négociations se fondent sur du solide pour le bonheur des populations ; et non pour faire encore « des morts pour rien ». Juste pour satisfaire des égos politiques.
GCI suit pour vous.
Maria de Babia pour GuineeConakry.info




















