
Inspirons-nous de cet exemple, non à titre de comparaison ou parce que le droit guinéen trouve son antécédent dans le droit français ou même parce qu'il s'agit pour les Français de l'accomplissement d'une promesse de campagne électorale, pour supprimer la publicité sur les chaines publiques (Radio et Télévision nationales, RKS, RGI...).
On peut d'ores et déjà imaginer le rejet d'une telle idée et les vives réactions de désaprobations que ça va susciter. Advienne que pourra ; mais il faut supprimer la publicité sur les chaines publiques en Guinée pour plusieurs rasons :
Premièrement pour permettre aux chaines privées de survivre et deuxièmement pour promouvoir à l'occasion de cette libéralisation tous azimuts, une politique de plein emploi. C'est à cela qu'il faut s'attaquer avant de prévoir les implications à tous les égards d'une telle suppression.
La survie des chaines privées en dépend, à une période ou nous avions plus d'une dizaine de Radios privées et bientôt une vingtaine; sans la moindre représentation du nombre de télévisions privées que nous aurons dans les deux ans; voire plus. De quoi vivront-elles dans un pays ou la plupart des médias privés n'ont d'autres sources de financement que la publicité ?
La réponse est qu'un scénario pareil s'était produit avec la presse écrite, à la faveur de sa libéralisation à la fin de la décennie 80. De plusieurs centaines, on en est aujourd'hui à une poignée qui s'impose avec une qualité qui ''reste à envier''. Ce qui veut dire que ces chaines privées sont condamnées pour la plupart à disparaitre, parce qu'ayant très peu de subvention de l'Etat; et n'ayant ni source de financement de la part des bailleurs de fonds, des associations, ONG, individus et institutions partenaires, ni les marchés de publicité, l'OGP qui est structure gouvernementale ayant un monopole exclusif effectif sur tous les espaces. On peut avoir du souci en s'interrogeant sur l'avenir des chaines publiques. Autrement dit, se demander, que deviendront la RTG et les Radios locales ? Seront-elles fermées ? Il conviendra alors de s'interroger également sur le budget du ministère de la communication et des nouvelles technologies de l'information, qui est le département de tutelle des chaines publiques. Est-ce un budget théorique, insignifiant ou inexistant au point de laisser la RTG évoluer à ses dépens sans en faire un office pour plus d'économie ? En tout état de cause, l'Etat a les moyens, beaucoup plus de moyens que les particuliers... L'Etat peut donc à travers un budget conséquent alloué au département de tutelle, affecter aux chaines publiques la part qui leur revient pour couvrir tous leurs besoins. Ce que les chaines privées ne peuvent faire sans un coup de pouce publicitaire, qui leur fera du bien après une pression de la publicité sur les chaines publiques.
Cela permettra à ces patrons des entreprises de presse privée d'employer ces milliers de jeunes qui sortent des instituts et des écoles de journalisme; puisqu'ils en auront finalement les moyens. C'est ce que l'Etat ne peut pas faire bien évidement, en dépit de ses moyens. Mais il peut de cette façon promouvoir une bonne politique de l'emploi des journalistes en formation. On est pas en France ou une forme de l'Audiovisuel peut constituer une atteinte grave à la séparation des pouvoirs par ce que là-bas avant les débats au parlement sur la publicité, le Président de la République ne nommait pas le Président des chaines publiques. Ce problème ne se pose pas en Guinée, ou il y a une dépendance totale des médias d'Etat vis-à-vis des pouvoirs publics, ou en quelque sorte le Président de la République nomme les responsables des chaines publiques .
Donc il n ya pas d'implications majeures néfastes contre les journalistes de l'audiovisuel publique, puis qu'ils sont déjà réduits au silence et à la résignation face à un Etat fort ; en cas de suppression.(!) En revanche, avec le statuquo, on voit bien qu'il n'y aura pas d'excédent publicitaire. Les salaires seront mal payés avec les maigres recettes. Et dans ce cas il faut vivre du peu qu'on gagne en tant que patron d'une chaine privée, ou il faut alimenter le groupe avec, pour satisfaire 24/24 un public de plus en plus exigeant ? En plus de la mauvaise rémunération, il n'y a pas très souvent pas d'embauche. Pas sécurité sociale pour les journalistes et l'ensemble du personnel, des licenciements qui interviennent par la suite. On termine par la musique comme une boite de nuit, avant de fermer définitivement. Espérons qu'un leader de parti politique en Guinée en fera au moins une promesse de campagne réalisable.
Tolno, Professeur Tel : 64-64-83-31




















