OPINION: Nafissatou Diallo, une affaire de mœurs instrumentalisée par la presse…

Une certaine presse en Afrique et une certaine opinion en Guinée, pays d’origine de Nafissatou Diallo, celle par qui le scandale DSK est arrivé, la font passer volontiers pour une femme pauvre, noire, et immigrée de surcroît. Ce qu’elle est bien. Et ce n’est pas une tare. Encore moins un crime. Mais d’aucuns vont jusqu’à la parer du blanc manteau de la musulmane pieuse. Ce qui reste à être démontré. Elle serait, veut-on nous convaincre, dans un plaidoyer souvent grotesque et larmoyant, victime d’un Blanc, riche et puissant, doublé d’un pervers et d’un sadique! ... 1:44 28-8-2011

La messe est dite! C’est L’hallali annonçant que DSK, le symbole tout-puissant de l’occident décadent, est aux abois! Le recours à des symboles aussi contrastés et aussi forts cache en fait mal le souci de sublimer une banale affaire de mœurs sordide, devenue, par le passage au filtre du manichéisme primaire, le combat de l’ange de beauté noire!-, une merveille de pureté, contre un monstre libidineux et satanique blanc! Le raccourci est saisissant mais ignominieusement réducteur!.

Nous sommes fatigués des chantres d’une Afrique parée de toutes les vertus, qui pleurnichent à longueur de journée sur le « paradis perdu » souillé par l’esclavage, le colonialisme, le néo-colonialisme et l’impérialisme. Un vrai cirque! Qu’on cesse de nous bassiner avec la sempiternelle et lassante ritournelle de la justice des riches contre les moins nantis! Des Blancs dominateurs contre des Noirs sans défense, voués, jusqu’à la consommation des siècles, à la géhenne!  Sortons de ces clichés trop commodes et éculés qui veulent justifier l'injustifiable et toutes les impostures, et qui décrédibilisent le juste combat de ceux qui se battent pour la renaissance d’une Afrique décomplexée et qui entend pleinement jouer sa partition dans le concert de l’univers!

Tout le misérable tintouin fait autour de la lamentable affaire Nafissatou Diallo/DSK relève d’un combat d’arrière-garde mené par ces nostalgiques, soldats perdus d’une cause qui a le regard en permanence rivé sur le rétroviseur! Ce qui explique, sans doute, l’important retard que nous avons pris dans la lutte pour le développement multiforme du continent! Les preux défenseurs de Nafissatou Diallo, la vierge effarouchée, auxquels se joignent tous ces occidentaux, hommes politiques, philosophes et journalistes, qui prétendent épouser la « noble cause » des Africains qui se battent pour une prétendue  réhabilitation des « damnés de la terre », mais aussi-Ah! J’allais les oublier!- les féministes indécrottables,  utilisent, sans vergogne, des symboles forts et imagés. Pour frapper les imaginations et tenter de susciter autour de leur pitoyable héroïne, un fort courant de sympathie, voire de  compassion.

Pour ces croisés d’un autre monde, Dominique Strauss-Kahn c'est le miroir du monde des blancs riches qui ont accaparé toutes les richesses de la planète. Ils ont tout. Y compris la justice qui est aux ordres! Et Mme Diallo est, face à l’un des hommes les plus puissants du monde, l'incarnation de toutes les femmes humiliées, maltraitées et, de surcroît, immigrées et pauvres. Le  malheur pour nos procureurs haineux et aigris, véritables avocats du diable, c'est que ce n'est toujours pas cela, la justice. Comme le dit si bien le philosophe français Bernard-Henry Levy (BHL), elle  n'oppose pas des symboles mais des sujets. « Sauf à tomber, souligne-t-il, dans ce que Condorcet, victime parmi tant d'autres de Robespierre, appelait "le zèle compatissant des prétendus amis du genre humain" - et que l'on appellera, en la circonstance, "le lynchage compatissant des prétendus amis des minorités" et de l’humanité qui souffre!

En définitive, pour situer l’affaire Nafissatou Diallo/DSK dans son véritable contexte,  une banale affaire de mœurs, dont elle n’aurait dû jamais sortir, je n’ai pas pu résister au plaisir de vous proposer cet extrait de l’excellent article de ma consœur Laurence Neueur publié dans l’hebdomadaire parisien Le point du 23 août 2011. Nafissatou Diallo y apparaît telle qu’en elle-même: c’est-à-dire une femme de ménage qui a raté sa vocation de comédienne confirmée! Elle aurait fait un malheur au cinéma et sur les planches! (…) «  Les versions inventées sur les "viols" dont elle prétendait avoir été l'objet en Guinée avant d'en démentir l'existence ont continué de creuser la tombe des poursuites. "Le fait qu'elle ait déjà menti sur d'autres agressions sexuelles est hautement pertinent dans le cadre d'une plainte pour tentative de viol", note le document du procureur Vance. Pis, "le fait qu'elle ait raconté ces viols fabriqués de toutes pièces avec la même conviction et d'une manière tout aussi persuasive que celui dont elle se plaint est encore plus pertinent."

En clair, les compétences d'actrice de Nafissatou Diallo risquaient d'amener les jurés à croire à ses mensonges comme l'ont été les enquêteurs. "Elle a réussi à convaincre des procureurs d'un faux viol et elle pourrait avoir ce même comportement devant des jurés", souligne le procureur. Il est donc de son devoir d'éviter de présenter devant un tribunal criminel un témoin dont il sait qu'il risque de ne pas dire la vérité, tranche-t-il. À la question sur ses motivations financières liées à un procès civil, la plaignante a répondu qu'elle n'en avait aucune et que personne ne pouvait "l'acheter".

Mais, parallèlement à ces affirmations, le procureur note qu'une conversation téléphonique avec son fiancé incarcéré, traduite par deux professionnels assermentés, fait état d'un tel intérêt financier. S'il n'y a rien d'anormal à ce qu'une victime réclame une compensation financière pour le préjudice qu'elle a subi, il est en revanche destructeur pour sa crédibilité qu'elle nie ce fait établi par la preuve matérielle de l'enregistrement, conclut le procureur...

Autre point susceptible de peser sur l'issue d'un procès civil, le document rédigé par le procureur révèle pour la première fois que les preuves médico-légales ne sont pas concluantes. Non seulement le rapport médical n'établit pas la relation forcée ou non consentie, mais il ne valide pas certains aspects de la version de la plaignante. "Les découvertes d'ADN suggèrent que l'accusé a touché les sous-vêtements de la plaignante, mais ne confirment pas sa version selon laquelle l'accusé lui aurait attrapé le vagin."

Quant aux rougeurs décelées sur la zone vaginale, "elles peuvent être causées par une friction, une irritation ou une inflammation", note un expert. Enfin, les douleurs décrites par la plaignante à la suite d'une luxation à l'épaule ne correspondent pas à l'épisode relaté par la plaignante, indique un autre expert médical. Celui-ci est d'ailleurs dubitatif sur le fait que ces douleurs aient disparu au bout de 48 heures pour ressurgir… 28 jours plus tard!

La conclusion du procureur est sans appel: "Si nous ne la croyons pas au-delà d'un doute raisonnable, nous ne pouvons par conséquent demander à un jury [pénal] de le faire." "Belle leçon de justice", commente l'avocat pénaliste Christophe Ayela, qui prédit de ce fait la "mort du procès civil". "Nafissatou Diallo ne sera pas davantage crédible auprès d'un juré civil, d'autant que tout repose sur son seul témoignage, aucune preuve matérielle ne corroborant ce qu'elle avance, explique l'avocat. Son manque de crédibilité est tel que le procureur a été amené à se déjuger sous le regard de l'opinion publique mondiale. Son témoignage ne résistera pas davantage au test de vérité de la cross-examination que mèneront les avocats de DSK au procès civil."

Par Moriba Magassouba
Journaliste-Ecrivain pour GuineeConakry.info

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