
Les Guinéens vivent dans l´illusion et s´accrochent au mythe des attributs du pays. C´est comme si une pancarte avec inscription "illettré n´attendez plus un instant apprenez à lire", était portée par un analphabète. Il ne peut déchiffrer le message ni instruire autrui.
Tel est le cas du Guinéen face au danger du système écologique et de la pollution.
C´est une façon utopique de voir la réalité qui nous révèle un tout autre visage du problème environnemental. Cela est vraiment regrettable!
La coupe abusive des bois de ménage est remarquable tout le long des voies carrossables de Guinée; surtout dans la zône Coyah-Kindia. L´exploitation des bois de menuiseries et l´exportation des bois d´oeuvres sont incontrôlées sur toute l´étendue du territoire national.
Les villages de charbonniers poussent comme des champignons dans les préfectures de Faranah - Kissidougou. Le déboisement qui frappe le pays est sans précédent dans notre histoire.
La menace des forêts par les feux de brousse met en danger les espèces animales dans le Fouta Djallon profond et la Guinée forestière.
Les pyromanes doivent être contrôlés.
La culture sur brûlis appauvrit le sol et met en cause le PH des terres. La désertification due à l´exploitation minière de l´or, du diamant et de la bauxite des latérites, contribue aussi à l´appauvrissement du sol guinéen.
L´érosion pluviale, éolienne et littorale des sols sont fréquentes dans le pays. La perte des sols par la dégradation est galopante. Les palétuviers et la mangrove servent comme bois de construction sur toute l´étendue du littoral guinéen. Cette barrière naturelle contre l´érosion des terres, une fois détruite, il se crée l´ensablement des cours d´eau. En haute Guinée la désertification est très poussée.
L´ensablement de la source du Niger à Faranah, du Niandan à Kissidougou et du Milo à Kankan, parmi tant d´autres affluents, est alarmant.
Dans les années 60, le petit bateau assurait le transport fluvial entre Bamako et Kankan. De nos jours le transport alluvial est interrompu entre ces deux villes à cause de l´avancée des sables dans le Djoliba. Dans la majeure partie des régions, le sable se collecte en masse dans les lits d´eau.
Le bétail est abattu au bord des cours d´eau dans la plupart des préfectures. Les cours d´eau transformés en abattoirs sont nauséabonds.
La fixation des poubelles dans les quartiers, la collecte, le transport et le traitement des ordures doivent être encouragés par les institutions. Par contre le déversement des ordures dans l´Océan Atlantique et les fleuves devra formellement interdit. Le rejet des produits chimiques telle que la soude caustique dans les fleuves par les compagnies minières est dangereux et doit être banni. La pollution avancée des fleuves est biodégradante.
Le problème environnemental en Guinée est un problème de leadership et de planification. Il faut informer, sensibiliser et éduquer la population. Il s´agit aussi de restructurer l´administration et promouvoir la gestion des cours d´eau. Le recrutement des gardes-forestiers, la législation et la promotion des cadres et citoyens de l´environnement seront autant d´ obstacles à la prolifération des feux de brousse et des cultures sur brûlis.
La poussière de la bauxite envahit les villes et met en danger la santé publique des Guinéens. Les compagnies minières installées en Guinée, de concert avec les autorités en place, doivent participer au maintien de la santé publique, au reboisement, à la lutte contre la désertification et l´ensablement des cours d´eau.
L´administration appuyée par la population doivent ensemble veiller au stricte respect de la nature et au maintien du système écologique guinéen. La multiplication des parcs nationaux, l´interdiction et la réglementation de la coupe abusive des bois doivent rentrer dans la politique du milieu en Guinée.
La formation des bureaux et centres écologiques dans les CRD assureront l´exécution, la bonne marche et le suivi sur le terrain des décisions des ministères des mines et géologie, de l´agriculture, de l´environnement, de la pêche et des finances.
Un secrétariat spécial coordonnera les activités de ces différents ministères.
La mission de protection de l´environnement doit répondre aux besoins de la population. Le salaire du personnel doit être ajusté au coût de la vie, rehaussé par l´index de l´inflation. La corruption sera combattue dans les actes et faits. C´est à ce prix que la réussite du programme environnemental en Guinée sera possible.
La planification à court et à long terme du programme environnemental, talonné par un programme d´éducation de la population et la formation du personnel performant, faciliteront la mise en oeuvre d´un programme environnemental que nous léguerons aux futures générations.
C´est l´action des Guinéens sur la nature qui est en jeu. Le climat, la montée des températures, la pollution, la raréfaction des pluies, la vente de l´eau dans les bidons ou citernes dans les préfectures de Dinguiraye et Koubia parmi tant d´autres, doivent préoccuper tout un chacun.
Nous tuerons l´illusion et le mythe en redéfinissant l´environnement guinéen. La Guinée redeviendra le château de l´Afrique Occidentale, et le sol prisé grâce à un programme environnemental national conçu pour les besoins de la population, et accepté par la majorité des citoyens.
Mohamed Tounkara, Correspondance particuliere
Depuis Stockholm




















