
La journée de célébration a aussi été ponctuée de prestations artistiques musicales et de slams. A l’entame de la cérémonie, un film documentaire intitulé «Voyage vers l’espoir» réalisé par le jeune cinéaste guinéen Thierno Souleymane Diallo. Retraçant le parcours de jeunes guinéens exilés au Sénégal, à la recherche de l’espoir d’une vie meilleure.
Dans ce court métrage d’environ une trentaine de minutes, le cinéaste plonge l’assistance au cœur d’un désenchantement qui questionne sur la nécessité ou l’opportunité de partir, dans l’espoir d’un bien-être matériel. Dans ce film l’auteur met en parallèle le tragique et douloureux passé de la Guinée, sur le chemin de l’aboutissement et de l’espoir d’un peuple, tout en exhibant de manière crue, la face hideuse de l’immigration qui, contrairement à ceux que pensent la plupart des candidats, n'est pas l’eldorado que l’on croit. Sans prendre position pour ou contre le phénomène de l’immigration ou de la migration, il ouvre une brèche à la fin du film sur le rôle et la responsabilité politique dans l’expansion de ce phénomène.
Selon Thierno Souleymane Diallo, l’espoir ne se trouve nulle part qu’en soi. Il suffit de cultiver cet espoir pour le trouver et en jouir. Il interpelle par ailleurs les candidats au départ à reconsidérer leur choix et agir dans les règles de l’art ; à défaut se battre pour réussir. Aux politiques de se sentir concernés par le phénomène; car selon le cinéaste, le manque de bien-être, de sécurité physique et la misère poussent à partir de là et contre cela. Rien ne peut dissuader les jeunes à se lancer sur la route de l’aventure, si rien n'est fait pour eux...
Le deuxième volet de la journée a été marqué par la tenue d’une exposition de portraits de migrants qui témoignent de leurs expériences. Ensuite s’est tenue d’une table ronde ; un panel autour de la problématique « Migrants, parcours de vie ». Le chef du bureau de l’OIM-Guinée Amihere Kabla a réaffirmé la volonté de son organisation à maintenir le cap et a rappelé le rôle clé des migrants dans le développement socio-économique d’une nation. Ils doivent en conséquence être considérés comme faisant partie intégrante de nos société. il a aussi rappelé que les droits des migrants doivent être respectés, tout comme la libre circulation des personnes, qui doit continuer à être promue.
Des mesures entreprises par l’OIM Guinée notamment dans le sens de la réinsertion des immigrants et migrants ont été déclinés par les responsables de la représentation locale à Conakry ; la tenue de la campagne intitulée "Je suis migrant dans le but de prévenir la xénophobie". L’organisation a également mis en place un site web : missingmigrants.iom.int, dont le but est de comptabiliser et faire le point de la situation sur les migrants.
Pour le ministre des droits de l’homme Khalifa Gassama Diaby," il est important pour notre pays, qu’on se mette au travail, et qu’on travaille pour permettre aux Guinéens de vivre dignement chez eux, et de ne pas prendre le risque mortel d’aller vers des destinations où, on n’est pas prêt à les accueillir avec humanité''. En rappelant en filigrane la responsabilité de l’Etat dans la lutte contre ce phénomène.
Il est à noter que plus de 3.500 migrants sont mort cette année en Méditerranée, en tentant de rejoindre l’Europe. L’exemple le plus récent est la disparition en mer le 9 décembre dernier, d’’une trentaine de jeunes ressortissants guinéens, originaires pour la plupart de la préfecture de Mamou.
A l’occasion de cette journée, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a appelé les acteurs à s’ engager et à proposer des solutions cohérentes, globales et axées sur les droits de l’homme, qui soient guidées par le droit et les normes internationaux et une volonté commune de ne laisser personne à la traîne.
Mamadou Aliou DIALLO Pour GCI
2015-GuineeConakry.Info




















