OBSERVATION ELECTORALE: "La Case de veille" de la COFFIG relève des irrégularités, mais parie sur la paix

C’est l’heure du bilan pour l’initiative d’observation électorale « Case de veille » de la Coalition des femmes et filles pour le dialogue, la consolidation de la paix et le développement (COFFIG-DCPD). Au bout de 12 jours d’un travail de fourmi qui a consisté à suivre de manière permanente et en temps réel le déroulement des élections législatives du 28 septembre, la Case de veille, à travers son chef de mission, a publié, ce samedi 19 octobre ses conclusions sur le scrutin du 28 septembre 2013. C’était à la maison de la presse de Coléah, en présence de nombreux médias et plusieurs membres de la Coalition elle-même. Usant d’un ton courageux, la présidente de la COFFIG, Dr. Makalé Traoré, a indiqué dans des termes sans équivoque que les élections ont été émaillées d’irrégularités plutôt conséquentes. Mais soucieuse de la préservation de la paix en Guinée, elle pense que ces anomalies, aussi regrettables et frustrantes soient-elles, peuvent être et doivent être subordonnées à l’intérêt supérieur de la nation, à travers la préservation de la paix et de la quiétude sociale… 22:23 20-10-2013

Elle propose plutôt une démarche qui s’inscrirait dans la durée et qui devrait déboucher sur l’amélioration des échéances futures. 

Du point de vue des données recueillies par la Case de veille à travers en particulier sa chambre technique, Dr. Makalé a indiqué qu’elles se chiffraient à 10.000 appels et SMS et à 40 alertes graves désamorcées à travers tout le pays. Examinées au niveau de la chambre d’analyse et transmises par la suite à celle dite de décision, les données jugées suffisamment importantes avaient, selon leur nature, été portées à l’attention de la CENI, de la FOSSEL, des autorités administratives ou territoriales, des acteurs politiques et des populations elles mêmes. 

Rappelant qu’à l’occasion de la déclaration préliminaire faite la veille du scrutin, la COFFIG avait fait état des dysfonctionnements constatés, et recommandé qu’ils soient corrigés par la CENI. Dr. Makalé affirme par la suite que les élections législatives du 28 septembre « ont été émaillés de nombreuses irrégularités ». Poursuivant, elle déclare en outre et sans aucune forme d’ambigüité : « La mission d’observation de la COFFIG qui a déployé des 660 observatrices sur l’ensemble du territoire national, estime que ces irrégularités sont de nature à affecter la sincérité et la crédibilité des élections ». 

Puis aussitôt, lance-t-elle : « Cependant, (…) il n’est ni raisonnable, ni souhaitable, ni opportun de remettre en cause le scrutin législatif du 28 septembre ». Et la solution, elle la trouve dans des recommandations à l’endroit d’un certain nombre d’acteurs et d’institutions impliqués dans le processus électoral.

L’idée étant que, la démocratie ne se construisant que sur la durée, il vaut mieux s’atteler à corriger les problèmes dans l’optique des échéances futures. En d’autres termes, tirer les leçons objectives de l’expérience qui finit, pour améliorer celles qui se profilent. C’est ainsi qu’au nom de la Coalition des filles et femmes de Guinée pour le dialogue, la consolidation de la paix et le développement (COFFIG-DCPD) recommande : 

A l'Administration: 

·        D’éditer un guide électoral à l’attention des administrateurs territoriaux qui ne comprennent pas toujours leur rôle dans le processus électoral ;

A la Classe politique:     

·         De  s’en remettre aux décisions de la cour suprême qui, nous espérons fortement, fera preuve de responsabilité ;

·         De s’engager rapidement dans une dynamique de réforme de la loi électorale qui est souvent floue et permet, hélas, toutes sortes d’interprétations. Ceci semble essentiel pour mieux préparer  les prochaines échéances électorales ;

·        D’engager immédiatement une réflexion sur la réforme de la     CENI qui a montré des limites; 

A la Société civile :  

·         D’ouvrir le vaste chantier de la construction d’une culture de la citoyenneté en guinée. Il devient impératif que les guinéens franchissent le pas du militantisme zélé à la citoyenneté. L’objectif étant de doter notre pays d’institutions fortes à la place d’hommes forts.

Cette démarche, la COFFIG y croit d’autant que selon sa présidente, « La Guinée reste le bien le plus précieux que les Guinéens ont en commun ».  Un bien dont il faudrait d’autant plus prendre soin que, rappelle-t-elle, les Guinéens d’aujourd’hui ont « l’obligation morale de léguer aux générations futures un pays paisible, uni et prospère ». 

Il est à signaler que le projet « Case de veille » initié par la COFFIG, en collaboration avec le CODE a été rendu possible grâce à l’appui financier du PNUD à travers le fonds de consolidation de la paix et l’appui technique de l’institut de GOREE et d’ONU-FEMMES.

Associant de nombreuses organisations féminines, ledit projet avait également bénéficié de l’accompagnement par les délégués du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Niger de la Cote d’Ivoire, de la Sierra Leone, du Liberia, de l’Union de Fleuve MANO, le Groupe de travail Femmes Paix et Sécurité en Afrique de l’Ouest, Femme Africa Solidarité. 

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info 

Crédits photo: GCI/Tabassy Baro 

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