
Si ce regain de tension est tout naturellement consécutif à la colère que les populations de Zogota éprouvent face à ce qu’elles assimilent à un refus de la société brésilienne, Vale, d’employer des jeunes du terroir et d’investir dans des infrastructures communautaires, il a tout particulièrement été provoqué par une décision visiblement inappropriée et inopportune des autorités régionales.
En effet, suite aux incidents du mardi dernier, des négociations étaient déjà engagées entre les différentes parties. Mais sans attendre l’issue de ce dialogue, il aurait été décidé d’envoyer une mission des forces de l’ordre à Zogota. En plus d’aller à contre-courant du processus de résolution de la crise, cette initiative pêchait également par le fait qu’elle devait être exécutée de nuit. Pourquoi ? Difficile à dire.
En tout état de cause, selon divers témoignages, dans la nuit du vendredi au samedi et aux environs d’une heure du matin, la mission en question est arrivée à Zogota dans but d’interpeller les présumés responsables de la première vague de protestation des populations riveraines. Les esprits étant encore chauds, les intéressés, soutenus en cela par l’ensemble de la population, ont fait de la résistance. S’en sont alors suivis des affrontements entre les populations et les forces de l’ordre en mission. Le bilan indique au moins cinq morts dans les rangs des populations locales. De nombreux blessés parmi les forces de l’ordre et plusieurs personnes interpellées.
Au lendemain de cette vague d’incidents, le climat serait encore plus tendu sur place. D’une certaine façon, les populations verraient dans l’attitude des autorités, une sorte de parti pris en faveur de l’entreprise brésilienne. C’est ainsi qu’elles auraient décidé de saccager les installations de Vale qui avaient miraculeusement échappé à la furie de la première vague.
Pour leur part, le maire, le préfet et le gouverneur sont pour le moment dans l’embarras. Qu’ils expriment notamment à travers leur désir de minimiser le bilan dramatique des événements.
GCI suit pour vous.
Maïmouna Fofana pour GuineeConakry.info




















