
Selon nos informations, tout serait parti des rumeurs de pulvérisation du grand marché de la capitale de la région forestière. Une première version indique qu’à leur arrivée le matin, les commerçants et autres marchands qui s’apprêtaient à ouvrir les boutiques et à sortir les étals, auraient senti une odeur particulièrement âcre. Ils en auraient conclu que le marché avait été pulvérisé la nuit précédente.
Une autre source dit que très tôt, des agents de santé auraient été aperçus dans les environs du marché. Au vu de leur accoutrement spécial (en plus des blouses, ils avaient des masques et des gants), la population aurait déduit qu’ils s’apprêtaient à pulvériser le marché.
Une habitante que nous avons jointe tard dans la soirée de ce jeudi croit davantage à la première version. Le matin, alors qu’elle partait en direction du marché de Dorota, elle aurait aperçu du monde qui fuyait, en provenance du grand marché. Se renseignant, on lui aurait répondu qu’on que le grand marché a été pulvérisé. Mais elle est formelle : « personne n’a vu les agents en train de pulvériser. C’est en humant une odeur particulière, qu’ils se sont dit que le marché avait été pulvérisé ». Informés, les jeunes du quartier de Dorota seraient sortis pour, disaient-ils, s’opposer à la pulvérisation de leur marché.
Craignant de se retrouver au cœur de la manifestation qu’elle voyait alors naître, notre interlocutrice serait vite retournée à la maison, avant de se barricader derrière la porte, durant toute la journée. Elle a tout de même appris des voisins que les manifestants seraient allés jusqu’à arracher des plaques au niveau de l’hôpital régional. En fait, les protestataires, assimilant l’épidémie à une « invention » et à un « mensonge », en attribuent la responsabilité aux agents de santé. C’est ainsi que leur colère était particulièrement orientée vers ces derniers.
Notre contact confirme cependant le fait que certains Guinéens ne croient pas à l’épidémie d’Ebola. S'il prend les précautions édictées par les agents de santé, c’est parce que c’est ''tendance'' et "pour qu’au cas où ce serait vrai, il soit épargné".
Selon d’autres sources, la ville de N’Zérékoré aurait été paralysée toute la journée. Aucune activité n’y aurait été menée sur place. Il aurait fallu une énergique intervention des forces de sécurité pour que le calme revienne dans la cité. Un calme précaire tout de même, dans la mesure où un couvre-feu aurait été instauré depuis la nuit tombée.
GUINEECONAKRY.INFO / GCI




















