
Au-delà d’Ebola, Alpha Condé, optimiste
Se voulant rassembleur et compatissant, le président Alpha Condé a tout naturellement consacré une bonne partie de son discours à l’épidémie de virus Ebola qui frappe la Guinée depuis un an. Qualifiant cette dernière de « fléau le plus inattendu de notre histoire récente », le chef de l’Etat a indiqué qu’elle « a brisé des vies et sacrifié de nombreux compatriotes victimes de la maladie ». Conséquemment, le président de la République, après avoir présenté les condoléances aux Guinéens ayant perdu des leurs, a rendu hommage au « corps médical et sanitaire, aux médecins, aides-soignants, aux personnels des Organisations gouvernementales et non gouvernementales, qui accomplissent un travail remarquable sur le terrain ». Il n’a pas non plus ignoré la solidarité que la communauté internationale a témoignée à l’endroit des pays victimes de l’épidémie. A propos, il a expressément nommé François Hollande, Barack Obama, Mohamed VI, Ibrahim Boubacar Keïta et Jim Kim de la Banque mondiale. N’oubliant pas que certains pays africains dont le Sénégal n’avaient pas fait montre de la même attitude, le président Alpha Condé a dit penser « aux pays frères africains avec lesquels nous avons su garder des relations de confiance pour ne pas céder à la peur d’une fermeture prolongée de nos frontières communes ». C’est dire que si la page est tournée, elle n’est pas effacée pour autant.
Le président Alpha Condé a toutefois voulu clôturer le dossier Ebola par une pointe d’espoir. Estimant que, « les pages les plus sombres de la période Ebola sont désormais tournées », il formule un vœu subtil en faveur d’une « aide budgétaire orientée vers nos priorités nationales en matière de santé publique ». Décidément, il demeure fidèle à son idée de faire de l’épidémie une opportunité.
Alpha Condé, l’autopromotion !
En dépit de cette épidémie qui aura affecté la société et l’économie guinéennes, le président Alpha Condé ne voudrait pas entamer l’année électorale qu’est 2015, les mains vides. Pour cela, il fait appel à l’ensemble des acquis des quatre ans qu’il vient de passer au pouvoir. Non sans préciser, au préalable, que la crise sanitaire est intervenue alors que la Guinée s’apprêtait à récolter les fruits concrets des réformes macro-économiques des trois premières années du mandat. Ce postulat de base posé, le chef de l’Etat a énuméré à l’envie : « En seulement 4 ans, la dette de la Guinée a baissé de 66%, et la dette en proportion des exportations a été ramenée de 186% à environ 45%. Et l’inflation qui était de 23% il y a quatre années est, aujourd’hui, au-dessous de 10% ». Soucieux de faire rêver ses compatriotes, le président Alpha Condé a également mentionné la conclusion, le 26 mai 2014, du cadre d’investissement pour les blocs 3 et 4 de Simandou d’un montant de 20 milliards de dollars et de 45.000 emplois potentiels ; le projet Koumbia, avec la Société Alliance Mining Commodities (AMC) SA ; le Projet Guinea Alumina Corporation (GAC), avec le conglomérat d’aluminium des Emirats Arabes Unis, formé par Mubadala Development Company d’Abou Dhabi et Investment Corporation of Dubaï ; ainsi que l’éligibilité de la Guinée au 11ème FED, avec en perspective une enveloppe financière de 244 millions d’euros.
2015, les nouvelles ambitions d’Alpha Condé
Refusant de baisser la cadence, le président Alpha Condé a mis l’occasion à profit pour formuler une promesse un peu trop précise. « Dès le premier semestre, dit-il, nous allons entreprendre un vaste programme d’investissement à haute intensité de main d’œuvre pour offrir aux jeunes, leurs premiers emplois. Notamment dans certaines commandes publiques concernant le mobilier scolaire ou administratif qui seront confiées aux petites unités et coopératives locales ». Dans la même dynamique, la finalisation du projet Kaleta et la poursuite de la modernisation du port autonome de Conakry n’ont pas été oubliées par le chef de l’Etat. Le réseau routier, lui aussi, devrait, selon le président Alpha Condé, voir sa modernisation et son extension se poursuivre.
Alpha Condé, la menace de grève et le meeting géant
Bien entendu, le président de la République n’a pas zappé les élections. Mais elles n’auront pas eu la place que requièrent leur importance stratégique et leurs enjeux. Le chef de l’Etat, admettant que 2015 sera une année électorale, s’est simplement contenté de rappeler que « la démocratie guinéenne doit impérativement s’appuyer sur le progrès social qui passe par les valeurs d’égalité, de justice sociale et d’équité ». Alors que le mouvement syndical menace d’aller en grève, le 5 janvier et que l’opposition convoque un meeting, deux jours plus tard, Alpha Condé dit attendre de tous les Guinéens qu’ils fassent preuve d'un « sens accru de responsabilité et de maturité pour préserver l’unité nationale, en ne perdant jamais de vue les grands desseins que nous nourrissons tous pour notre pays »
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















