
Après la stratégie fondée sur les attentats horriblement meurtriers, ainsi que celle sur les horribles prises d’otage des filles innocentes, Boko Haram semble être passé à une nouvelle étape. N’ayant aucun adversaire à sa taille, la secte terroriste se sent suffisamment à l’aise pour enclencher la mise en œuvre de l’ultime étape de son funeste plan: l’occupation effective de la partie nord du pays. Perçue un temps comme une folie de la part du groupe islamiste, cette audacieuse prétention est cependant en passe de se réaliser. Avec naturellement le bénéfice passif de la très ridicule armée nigériane.
Parce qu’en réalité, tout ce que le Nigéria subit aujourd’hui de la part de Boko Haram, il le doit à la faiblesse de son armée. Cette dernière ne s’est en effet jamais révélée en mesure de faire face à l’ennemi. Se sentant manifestement incapable, elle a longtemps fait semblant de ne pas voir le problème que représentaient les combattants d’Abubakar Shekau. L'armée nigériane a pendant longtemps, considéré Boko Haram comme un problème marginal, qui n’affectait qu’une portion congrue du pays. Ce dont le groupe a bien profité, pour étendre ses tentacules et se donner les moyens d’agir, bien au-delà de sa zone d’influence originelle.
Même quand le problème est devenu plus sérieux, les soldats nigérians n’ont rien pu... Certes, ils ont, à plusieurs reprises et en fanfaronnade, annoncé des campagnes militaires de lutte contre la secte. Ils ont même fait montre de triomphalisme à un moment donné; mais personne n’aura pu mesurer l’efficacité des actions. Parce qu’à chaque fois, Boko Haram a encore frappé plus fort. Tout au moins, des ONGs de défense des droits humains ont dénoncé des bavures et autres exactions délibérées contre des citoyens ne représentant aucune menace. La plus grande illustration de l’inefficacité des soldats du prétendu gendarme de la sous-région, demeure l’enlèvement des 200 lycéennes de Chibok. En dépit des marches de protestations des familles de ces innocentes et de l’indignation planétaire, on reste toujours sans nouvelles. Or, tout indique que les otages sont encore détenus au Nigeria.
Très malheureusement pour les proches et parents, la situation ne risque pas de changer de sitôt, car avec les dernières informations en provenance du nord-nigérian, on comprend qu’en réalité l’armée craint Boko Haram. Au même titre que les citoyens ordinaires, les soldats ont peur. Ils paniquent et fuient. pou . Ils redoutent d’être décapités, égorgés ou déchiquetés par l’explosion d’une bombe. En conséquence, aussi puissamment armés qu’ils étaient, 500 d’entre eux ont dernièrement pris la poutre d'escampette pour se réfugier tout tremblant Cameroun. Le lendemain, 200 autres ont fait de même. Boko Haram en aura profité pour consolider ses positions à Gwoza et s’emparer de la localité de Gamborou Ngala. A ce rythme, le groupe terrorisme pourra aisément dérouler son plan destiné à faire du nord-Nigeria, le ‘’Kaboul’’ africain et le califat, malgré le déni national, semble vraiment progresser.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















