
Plus qu’avant l’intervention française, le nord-Mali est aujourd’hui un no man’s land baignant dans une véritable insécurité. Y règnent en maitres incontestés des miliciens affiliés à la multitude de groupes identitaires se revendiquant de l’Azawad et des résidus de groupes islamistes qui cherchent à se recomposer, après avoir été dispersés par l’opération Serval. La cause de la région semble d’autant plus perdue que les téméraires soldats tchadiens de la Minusma semblent en proie à la démoralisation.
Fédéralisme
Conséquence, sur place, les attentats se succèdent aux prises d’otages, les règlements de compte entre groupes rivaux aux attaques ciblées. Prises au piège d’intérêts dont elles ne sont que le paravent, les populations ne savent plus où donner de la tête ! Conscientes que l’Etat malien ne peut leur venir en aide, elles réalisent de plus en plus que les groupes touaregs ne sont pas, eux non plus, la solution. D’autant plus que ces derniers viennent de faire échouer le quatrième round des négociations inter-maliennes d’Alger, en se cramponnant de nouveau à leur irascible idée de fédéralisme. Obligé de constater le blocage de fait, le médiateur algérien annonce laconiquement une relance hypothétique du dialogue en janvier prochain. A suivre…
Situation quasi-identique au Nigéria. Certes, dans ce dernier cas, il n’est pas question d’une pluralité de groupes criminels, mais c’est tout comme. Car, la secte Boko Haram à elle seule, fait plus de dégâts que le bilan macabre de tous les groupes jihadistes du septentrion malien. Là aussi, la défaillance de l’Etat est en cause. Gangrénée par la corruption et l’embourgeoisement, la pléthorique armée nigériane est incapable d’aller au-delà des menaces. Alors qu’en face, les combattants de Boko Haram mettent à profit chaque jour pour accroitre leur capital-terreur. Ainsi, après le rocambolesque enlèvement des lycéennes de Chibok, les hommes et (de plus en plus les femmes) d’Abubakar Shekau ont fait valoir une supériorité certaine ces derniers temps.
Objectif Califat
Ils attaquent des villes entières dont ils tuent et retiennent comme prisonniers une bonne partie des habitants. Ils réalisent symboliquement leur rêve de création d’un califat. Entité géopolitique administrée selon des principes de l’Islam, tout aussi rigoristes qu’obscurantistes, dont l’extension serait le nouvel objectif.
Un objectif dont la concrétisation s’accompagne de milliers de vies emportées par les attentats aussi meurtriers que celui qui, le vendredi dernier, a provoqué la mort de 120 personnes, dans la seule ville de Kano. Notoirement impuissant devant cette tragédie à l’échelle planétaire, le président nigérian parait, pourtant plus préoccupé, par la perspective de son échec lors des élections présidentielles normalement prévues en février prochain.
C’est dire que là aussi, les populations, prises dans l’étau de la pauvreté et de cette terreur quasi-quotidienne, sont tout simplement devenues des « laissés-pour-compte»
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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