
Après un précédent attentat qui avait coûté la vie à des soldats tchadiens de la Minusma, c’est un contingent nigérien qui a été attaqué le vendredi dernier. Agissant de jour et s’autorisant l’usage d’armes lourdes dont un RPG 7, les assaillants ont tué neuf casques bleus nigériens sur le trajet Menaka-Ansongo.
S’il est le plus meurtrier, cet attentat est cependant le dernier d’une longue séries d’actes qui laissent croire que les terroristes islamistes de la région sont loin d’avoir abdiqué. Réalisant qu’il y a encore des failles sécuritaires qu’ils peuvent exploiter, les djihadistes semblent soumettre les soldats onusiens à une guerre d’usure. Très réalistes, ils savent qu’ils n’ont aucune chance dans un combat frontal. Du coup, ils agissent par à-coups et profitent de l’effet de surprise. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que la stratégie est payante. Parce qu’en plus des nombreuses victimes et de l’effet psychologique qu’elle provoque, elle a déjà permis de semer la discorde au sein de la Minusma, avec la colère récemment exprimée par les autorités tchadiennes. Pour le moment, Niamey ne fait pas de même. Mais au sein de la société civile nigérienne, on n’est pas très content. Tout pourrait se jouer après les jours de deuil annoncés.
Devant une telle situation, quelle stratégie reste-t-elle à la communauté internationale ? Au-delà, les instances africaines ayant déjà apporté la preuve de leurs limites dans cette crise, c’est en direction de la France que les regards semblent encore se tourner. C’est en effet François Hollande qui avait pris la responsabilité d’empêcher les islamistes de venir jusqu’à Bamako. Mais il se trouve que, comme c’est souvent le cas, le gendarme parait s’être retiré avec une certaine précipitation.
Plus que pressées de voir l’ONU prendre le relais, les autorités françaises s’étaient tôt avisées de démanteler l’opération Serval. Dans la foulée, elles avaient annoncé la mise en place de l’opération Barkhane, à visée plus régionale. Cependant, le moins qu’on puisse dire c’est que l’efficacité de cette dernière tarde à se traduire sur le terrain. Car, au-delà de la crise malienne qui s’inscrit plus que jamais dans la durée, c’est toute la région sahélienne qui est menacée par le chaos et l’anarchie qui prévalent aujourd’hui en Libye.
Dans le cas du Mali, au regard de l’insécurité qui continue de régner dans la partie septentrionale, on a du mal à comprendre le bien-fondé des négociations inter-maliennes d’Alger. Vu la situation actuelle, ni le gouvernement malien, ni les groupes touarègues ne peuvent revendiquer une quelconque autorité sur le fameux Azawad. Ainsi, quelles que soient les conclusions auxquelles on aboutirait, on n’est pas sûr de pouvoir les mettre en application. Ce qui donne l’impression qu’on a placé la charrue avant les bœufs. La priorité du moment devant être l’union sacrée contre l’ennemi commun qu’est le terrorisme islamiste. Quitte à revenir ensuite sur le statut de la région.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















