
L’attaque de Nampala a des similitudes avec les premières incursions qui, en 2011, avaient débouché sur l’occupation de l’ensemble de la région septentrionale du Mali. On se rappelle en effet qu’à l’époque, les soldats maliens avaient également fui devant la force de feu de l’adversaire. Les assaillants ont, eux-mêmes, rappelé que le choix de Nampala, était en partie justifié par la proximité avec Diabali, dont le nom demeure associé à l’occupation du nord-Mali par les islamistes.
On imagine bien sûr que la communauté internationale et les autorités actuelles du Mali ne pécheront par naïveté, comme on l’avait fait à l’époque, car c’est maintenant qu’il faut anéantir les rêves que nourrissent les terroristes. Comme l’a dit à juste titre le président guinéen, Alpha Condé, le fait que les assaillants s’en soient pris à une zone relativement située dans la partie sud du pays, laisse croire qu’ils se sentent fort de quelque chose ! Le fait qu’ils se soient rendus maîtres de la localité pendant au moins cinq heures, décuple ce sentiment de toute-puissance.
Cette attaque et toutes celles qui l’ont précédée sont d’éloquentes preuves du caractère très relatif de la pacification et de la sécurisation de la région. D’où la question sur l’efficacité des troupes de la Minusma. L’engagement et la détermination des soldats déployés sur le terrain n’est cependant pas en cause. La question porte plutôt sur les ressources et le mandat dont dispose la mission onusienne. Depuis quelques mois, les responsables ne cessent d’appeler à l’accroissement des moyens, sans que personne ne daigne prêter une oreille attentive à toutes ces supplications. Ne voulant plus mettre la main à la poche, la communauté internationale prie surtout pour que les négociations inter-maliennes d’Alger aboutissent.
Par ailleurs, la difficile différenciation entre terroristes islamistes et militants touarègues complique la mission des troupes étrangères. L’insécurité qui continue à sévir dans le nord du Mali interpelle aussi la pertinence de la réorientation stratégique opérée par la France dans la région. Certes, du point de vue argumentaire, l’ancienne puissance coloniale n’a pas nécessairement tort, quand elle met en avant la prise en compte de la dimension régionale de la menace terroriste, mais elle aurait probablement dû s’assurer du retour effectif de la paix au Mali avant de s’en aller.
Mieux, comme le disent tous les leaders africains, il lui faut s’attaquer à la racine du mal qu’elle a elle-même instauré, en contribuant au chaos qui règne actuellement en Libye. Il est bien vrai que par les temps qui courent, la France est tant sollicitée qu’une intervention en Libye pourrait être de ‘’trop’’. Quel choix douloureux à faire pour éteindre le feu qu’elle a allumé. Avec un brasier que tenait avec ‘’bling-bling’’ par un certain Nicolas Sarkozy, alors président vde la république française...
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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