NORD DU MALI: La communauté internationale dans l’expectative

Les Maliens vivant dans la partie nord de ce pays sahélien font face au martyre. Il y a quelques jours, ils se voyaient tirer dessus par les combattants du MNLA qui affirmaient se battre en leur nom. Le lendemain, ils devaient assister, impuissants à un combat de titans entre le MNLA et le MUJAO. Combat au bout duquel les indépendantistes se voyaient contraints d’abandonner le terrain qu’ils disaient avoir conquis depuis quelques semaines. Mais depuis, restés seuls maîtres à bord et de plus en plus conscients de leur puissance et de leur suprématie, les islamistes se livrent à toutes les folies. Et maintenant, on annonce qu’ils en seraient à ceinturer leur territoire avec des mines dont l’objectif serait d’empêcher des forces extérieures d’y mettre le pied, mais aussi pour éviter que les populations qui supportent de plus en plus mal l’enclos d’enfer, de s’en fuir. Face à cette angoisse de plus en plus croissante des populations maliennes, la communauté internationale peine à trouver le remède efficace. On se perd en conjectures et on tergiverse sur les approches et les méthodes. En attendant, on se contente de condamnations verbales qui ne peuvent rien... 0:58 3-7-2012

En attendant, on se contente de condamnations verbales qui ne peuvent rien changer au malheur des habitants soumis aux diktats d’islamistes aussi radicaux qu’obscurantistes, aussi cyniques que tyranniques.

Il suffit de se représenter ce que vivent les populations de Gao, de Kidal et de Tombouctou pour comprendre la terreur et le désespoir qui les tenaillent. En effet, on ne peut pas garder une once de sérénité, quand on est soumis aux risques et aux menaces que font régner actuellement au nord du Mali les combattants islamistes d’AQMI, du MUJAO et d’Ansar Dine.

On ne peut pas ne pas penser au pire quand on est sous le contrôle de personnes pour lesquelles la liberté et la contradiction relèvent d’un crime des plus abominables. Mais le summum du désespoir et de l’incertitude, les Nord-maliens doivent l’éprouver à l’idée même que désormais quelque soit le martyre qu’ils vont souffrir de l’intérieur, ils ne pourront pas y échapper, pas même par la fuite. Parce qu’au bout de la frontière, le fuyard aura rendez-vous avec la mort, en raison de la ceinture de mines dont les islamistes auraient entouré leur territoire.

De même, même s’il y avait de l’extérieur, une volonté quelconque d’aider à rompre la détresse des populations se trouvant dans ces zones occupées, cette même ceinture de mines pose un nouvel obstacle. Ainsi, face à l’inévitable apocalypse, les populations ne peuvent qu’endurer les privations de liberté, les séquestrations, les viols les intimidations et la dégradation au jour le jour des conditions de vie. Endurer et attendre l’horrible fin, c’est la seule alternative qui s’offre à ces citoyens maliens qui ont eu la malchance de se retrouver dans cette partie septentrionale.

Parce qu’en dehors du Mali, si on n’ignore pas cette effroyable réalité, on n’arrive pas encore à trouver la recette pouvant permettre d’y remédier. On sent bien que les attaques et la destruction des monuments religieux n’augurent rien de bon. On est bien conscient des dangers que comporte la toute-puissance islamiste. Mais les réactions sont molles. Elles se limitent aux condamnations de principe. On se désole et on désapprouve. La nouvelle procureure de la CPI évoque même l’éventualité de « crimes de guerre ». Mais rien ne semble effrayer les barbus du nord du Mali. Ils sont résolus à aller au bout de leur logique. Car, eux-aussi, sentent bien que la communauté, à la fois africaine, et internationale est à cours d’idées et d’initiatives. Eux aussi n’ignorent pas que les mises en garde américaines quant au déploiement d’une force étrangère dans le nord du Mali, ont fini par jeter une confusion dans le camp des partisans de la méthode forte.

De ces atermoiements, les islamistes entendent bien profiter. Naturellement aux dépens des populations maliennes qui, comme on le disait tout de suite, vivent l’enfer au quotidien.  

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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