
Un paradoxe révélateur du caractère inéquitable de la répartition de la rente pétrolière et surtout de l’incapacité de cette dernière à enrayer le phénomène de pauvreté.
Tous les spécialistes du développement sont d’accord sur le fait qu’il ne faut aucunement confondre croissance économique et développement. La meilleure illustration du bien fondé d’une telle mise en garde, se trouve dans l’accident qui a endeuillé hier le peuple nigérian. En effet, sur la base des statistiques économiques brutes, le Nigéria est logé parmi les pays africains caractérisés par une croissance économie soutenue. Une croissance tirée essentiellement par l’exploitation de ses énormes ressources pétrolières!
Pour autant, si plus d’une centaine de personnes ont été brûlées vives hier, c’est très certainement parce qu’elles sont pauvres. Il faut ici rappeler qu’après que le camion-citerne se soit renversé dans la région d'Ahoada, les populations parmi lesquelles de nombreux conducteurs de Taxis-motos, ont couru dans l’espoir de récupérer le pétrole qui allait s’en dégager. C’est dire que dans ce pays aux potentialités pétrolières de renommée internationale, les populations peuvent être démunies au point de s’offrir à la mort de manière aussi suicidaire. Cet accident interpelle les autorités nigérianes. Elles ont à repenser la répartition des richesses du pays.
Parce qu’il faut dire que c’est de ce même pays que provient une bonne partie des plus riches du continent africain. Or, ces inégalités sont aussi des éléments qui sous-tendent et favorisent les activités de groupes extrémistes tels que Boko Haram. Goodluck Jonathan devrait veiller à réduire ce fossé béant, qui fait cohabiter des Nigérians nantis pourris et d’autres Nigérians affamés et appauvris. Un tel fossé est forcément porteur de tensions sociales, de risques de drames tels que celui qui a été enregistré hier près de Port-Harcourt.
Boubacar Sanso Barry pour Guineeconakry.info




















