
Pour Lai Mohammed, le porte-parole du Congrès progressiste (APC), rien ne sera plus comme avant, car, c’est bien pour la première fois que les urnes triomphent des armes et que «que l'opposition chasse un gouvernement par la voie des urnes.» Une victoire revendiquée, célébrée et selon de nombreux observateurs, reconnue par Goodluck en personne, qui n’a pas hésité à décrocher son téléphone pour féliciter son adversaire qui, lui, a reconnu son ‘’fair-play’’.
A présent que le plébiscite de Buhari est établi, il faut craindre que des militants zélés et aigris ne précipitent le pays dans les bras des ''fous de Dieu'', qui alors profiteront des troubles pour commettre des massacres encore plus odieux. Le Nigeria qui est à seizième année d’expérience démocratique, n’a point besoin d’une telle éventualité. C'est pourquoi perdants et gagnants devront savoir garder dignité et sérénité.
En attendant, les politologues notent avec intérêt que les origines ethniques ou leurs confessions religieuses n’ont eu qu’une influence toute relative sur le choix des candidats. La plupart, ont en effet, choisi par conviction de la pertinence des programmes, mais aussi par la vague d’espoir que pourrait soulevée par le futur heureux élu.
Dans cette impitoyable sélection, Goodluck, l’enfant de Bayelsa est apparu laminé par l’exercice du pouvoir et usé par les agressions répétées des sectes et groupes terroristes. En effet, beaucoup de Nigérians doutent depuis longtemps de sa capacité de rebondir et d’engager le pays vers le développement véritable et la paix. Surtout depuis l’enlèvement des 200 lycéennes de Chibok.
Muhammadu Buhari, du haut de ses 72 ans, apparaît ainsi aux yeux de la majorité des Nigérians, comme celui qui pourrait sortir le pays des sentiers tortueux de l’improvisation politique et de l’aventurisme guerrier, face aux hommes de Shekau. Mieux, en focalisant sa stratégie électorale sur la lutte contre la corruption et le retour de la paix, par une lutte sans merci contre Boko Haram et consorts, Buhari a fini par convaincre le plus grand nombre de ses concitoyens, à changer le pays avec lui.
Partant, sa pondérance et son passé militaire ont fait le reste, en lui faisant incarner et cristalliser l’espoir de résolution de toutes les frustrations, de tous les errements du géant de l’Afrique.
Ce scrutin, par son exemplarité politique évidente fera des vagues, à n’en pas douter !
Maria de Babia pour GCI
2015 – GuineeConakry.Info




















