
L’attentat de ce lundi sonne comme un avertissement au président Goodluck en campagne pour les présidentielles qui se tiendront dans une douzaine de jours.
Goodluck n’a jamais aussi mal porté son nom
Une voiture qui explose, deux femmes qu’en retire, des militants et sympathisants paniqués qui s’enfuient hébétés, l’incendie qui se propage ; l’enfer qui s’installe et la révolte qui culmine. Les jeunes aussitôt voient en Goodluck l’homme à la guigne. Ils pourchassent et caillassent copieusement les véhicules officiels en criant leur amertume contre le pouvoir de celui qui n’a jamais aussi mal porté son nom de ‘’Goodluck’’ ou « Bonne Chance » ! Car, on ne peut vraiment douter que le président nigérian était bien celui qui était visé. Et si ce n’était pas lui c’était bien son parti qui était ciblé.
Ce double attentat semble porter l’horrible signature de Boko Haram, selon plusieurs sources dignes de foi. Cette organisation terroriste qui depuis 2009, a fait plus de 13.000 morts. Même si, au moment où nous mettions en ligne, il n’avait encore rien revendiqué, tout l’accuse : l’audace criminelle, l’impertinence politique du geste et la féminisation du crime, (avec ces deux femmes qui n’ont point hésité à déclencher l’arme fatale), montrent bien tout le professionnalisme odieux de ses auteurs et de ses inspirateurs.
Endiguer l'hydre Boko Haram
Rappelons que dans cette même ville de Gombé, le week-end dernier, d’autres violences étaient signalées faisant état de quelques 5 morts à un poste de contrôle militaire. La première puissance économique africaine, avec ses 185 millions d’habitants, s’enfonce dans des convulsions terroristes permanentes, des pans entiers du territoire national échappent au pouvoir central et Sekau et ses hommes y règnent potentats absolus, sur des harems de jeunes violées puis volées et mariées de force. Maiduguri est dans la ligne de mire de la terreur islamiste et rien ne paraît les arrêter désormais. Même avec les bombardements aériens, Boko Haram résiste et prend même des initiatives morbides.
Pendant ce temps à Abuja et Lagos : paroles, paroles ! Goodluck Jonathan menace, Boko Haram attaque, traque les pauvres populations et sème la désolation partout. Si la stratégie du pouvoir ne change pas, il en sera longtemps ainsi. Tout souverainisme bu, le Nigeria devrait rapidement saisir les opportunités offertes par le dernier sommet de l’Union Africaine, pour endiguer politiquement, militairement et financièrement l’hydre Boko Haram.
Maria de Babia pour GCI
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