
Doit-on se réjouir de la réaction unanime de la communauté internationale contre les agissements de Boko Haram, ou déplorer le caractère tardif de ce réveil ? La réponse à cette question dépend essentiellement de la nature et du contenu qui seront donnés à cette réaction. Si elle devait se limiter aux propos menaçants du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, aux injonctions de l’Université Al-Azhar ou à l’indignation d’Angelina Jolie, elle ne servirait pas à grand-chose !
Les criminels de Boko Haram ne sont pas du genre à céder à une simple menace verbale ou à se laisser attendrir par une pointe de pitié exprimée, qui plus est, par une Angelina Jolie perçue justement comme l’incarnation de la déviation occidentale. De même, Aboubakar Shekau et ses combattants ne sont pas à la recherche de la voie de l’Islam tolérante que prône le recteur d’Al-Azhar.
Le seul discours qui soit approprié à Boko Haram est celui de la force. A propos, seuls les Etats-Unis, en proposant d’y déployer des experts en charge d’aider à retrouver les jeunes filles, pourraient se faire entendre. N’étant aucunement dupes, les combattants islamistes savent bien que les experts en question n’ont rien à voir avec le sens ordinaire de ce concept.
Et c’est vers cette voie que la communauté internationale toute entière, doit tendre. Une action d’envergure internationale doit, en effet tout de suite, se mettre en place pour suppléer les humiliantes faiblesses de l’Etat et de l’armée nigérians. Car si le mouvement islamiste parvient aux fins qu’il envisage pour chacune des otages, l’échec serait planétaire.
En particulier, tous ceux qui s’affublent du pompeux statut de grands acteurs de la communauté internationale en porteraient la responsabilité. Leur indifférence ayant nourri et laissé prospérer la secte Boko Haram, il ne s’agira que de la réparation d’une erreur dont ils s’étaient jusqu’ici rendus coupables. Ils doivent d’autant plus agir avec diligence que le sort des quelques 200 otages enlevées le 14 avril, n’est pas le seul enjeu.
Comme l’atteste la rebelote du dimanche dernier, les membres de Boko Haram n’hésiteront pas à recommencer leur ignoble opération aussi longtemps qu’on leur en laissera l’opportunité. La seule façon de les stopper est de tuer le mouvement dans l’œuf en lui infligeant une défaite militaire totale. La stabilité politique, la sécurité et l’économie du Nigéria s’en porteront mieux après.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















