
De l’avis de tous les spécialistes, Abuja et sa périphérie n’ont jamais enregistré un attentat d’une telle ampleur. Un bilan très provisoire de 71 morts dont beaucoup ont été déchiquetés ainsi que près de 130 blessés. De nombreux véhicules littéralement soufflés. Des dizaines d’échoppes parties en fumée. Un cratère d’environ un mètre de profondeur et un épais nuage de fumée noire qui, pendant une bonne partie de la matinée, enveloppait la bourgade de Nyanya, à 5 km d’Abuja.
Se rendant sur les lieux après la sourde explosion, les autorités nigérianes n’ont pu que constater les dégâts. En proie à un terrible choc, les premiers témoins n’avaient pas la même lecture quant aux circonstances de l’attentat. D’aucuns estiment en effet qu’il s’agit d’une seule explosion qui est partie des entrailles d’un véhicule qui se trouvait au milieu de la gare routière. Alors que pour d’autres, il s’agirait d’une double explosion synchronisée par les auteurs.
Du côté de Goodluck Jonathan, on s’abrite derrière une laconique promesse selon laquelle les auteurs seront punis et que Boko Haram sera vaincu. Une promesse à laquelle peu de Nigérians accordent du crédit Globalement, dans ce pays qui vient d’être désigné première puissance économique du continent, on considère que les autorités ont échoué dans leur lutte contre le terrorisme islamique. Echec d’autant plus patent qu’il pourrait être justement symbolisé par cet attentat.
L’on se rappelle en effet que depuis des mois, le gouvernement du président Goodluck dit être engagé dans une bataille visant à exterminer les terroristes dans leurs bastions mêmes. L’armée et les forces de l’ordre ont été conjointement mises à contribution. Et plus d’une fois, on a annoncé le coup fatal contre Boko Haram. Mais dès le lendemain d’un tel triomphalisme, les terroristes sortaient la tête de l’eau et commettaient un attentat plus terrible encore.
Une série d’attentats dont les victimes cumulées sont estimées par Amnesty international à 1500 morts depuis le début de l’année seulement. Mais de tous les attentats, celui d’hier matin est le plus symbolique du drame des autorités nigérianes à faire face au terrorisme de Boko Haram. Dans la mesure où, au lieu de se laisser anéantir, le groupe islamiste prend davantage de galons en s’en prenant de manière aussi frontale à la capitale fédérale.
Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info




















