NIGERIA : Boko Haram contre Ban Ki-moon !

Du culot à l’audace terroriste, Boko Haram vient de gifler l’actualité internationale, en s’attaquant au cortège du chef des forces armées nigérianes, le général Tukur Buratai, en visite dans le nord-est, à Faljari, aux environs de Maiduguri, chef-lieu l’État de Borno. Cet attentat intervenu à quelques heures de l’arrivée de Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, confirme, s’il en était encore besoin, de la résilience des djihadistes qui démontrent ainsi leur capacité de frappe, partout et sur n’importe qui !

Même si le porte-parole de l’armée affirme que : « les terroristes ont essuyé une écrasante puissance de feu des soldats, au cours de laquelle dix d'entre eux sont morts. Nos troupes ont capturé cinq terroristes » ; il faut cependant reconnaître que cette provocation des terroristes était bien ‘’culottée’’ et bien calculée. Son message est clair : « Boko Haram devenu Groupe de l’Etat Islamique en Afrique de l’ouest est toujours bien vivant »  et garde en l’état toutes ses capacités de nuisance.

La peste terroriste

Cet attentat sonne comme un rappel historique, car il y a quatre ans, Boko Haram frappait les Nations unies à Abuja le 26 août 2011, dans un attentat suicide qui fera 21 morts et des blessés. Tandis que Ban Ki-moon arrive justement au Nigeria pour commémorer la disparition tragique de plusieurs de ses fonctionnaires, Boko Haram, sans sourciller, célèbre à sa manière, cette horrible attaque du groupe islamiste, en tentant de tuer violemment le général Tukur Buratai des Forces nigérianes. Comme pour déstabiliser encore plus le pays du président Muhammudu Buhari qui, malgré les fermes promesses d’éradication de la ‘’peste terroriste’’, est en bute à une réalité plus coriace que ses stratèges ne l’avaient pensée.

Le programme de séjour du premier diplomate onusien qui prévoit une cérémonie commémorative, sera soumis à des rigueurs protocolaires et sécuritaires plus pointues, pour lui éviter le pire. Sa rencontre avec le président Buhari verra, au centre de ses préoccupations, ce dernier attentat kamikaze, qu’il faudra analyser de manière approfondie, tout en oubliant pas la question du rapt des 276 filles de Chibok, disparues depuis le 14 avril 2014. Et depuis, malgré la grande campagne internationale de  "Bring Back Our Girls" ("Rendez-nous nos filles"), outre les 57 lycéennes qui ont réussi à s'échapper, 219 manquent toujours à l’appel.

Où sont les lycéennes de Chibok

Ont-elles été effectivement vendues ? Sont –elles devenues des esclaves sexuelles ? Ont-elles été mariées de gré ou de force ? Quelle est aujourd’hui leur situation exacte ?

Autant de questions à se poser, car il est étonnant que, malgré les drones américains et les puissants services de renseignements de la NSA, rien encore ne vienne donner aux parents et à l’opinion publique, les moindres bribes d’informations sures, quelques lueurs d’espoir... Au-delà de la commémoration des victimes d’il y a quatre ans, de ses rencontres avec le président Buhari, des industriels nigérians ou des ONG humanitaires ; les 48 heures de Ban Ki-moon au Nigéria devraient aider à dissiper les nuages de suspicions autour de toutes ces interrogations, et les Nations unies à s’engager plus fermement dans la lutte contre les terroristes.  

Maria de BABIA pour GCI

2015-GuineeConakry.Info

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