
Obéissant à un principe formel de prudence, personne ne fait encore le lien entre Boko Haram et les deux attentats perpétrés hier dans la ville de Jos. Mais intérieurement, on voit mal qui d’autre aurait commandité et exécuté cette autre boucherie humaine. Les hommes d’Abubakar Shekau, ayant suffisamment montré leur mépris pour la vie humaine, auraient du mal à se laver des soupçons.
Eux qui ont revendiqué un des attentats qui avaient dernièrement frappé les faubourgs d’Abuja. Eux qui n’ont pas également hésité à s’en prendre aux innocentes jeunes filles de Chibok. Ils n’auraient aucune gêne à ôter la vie à la cinquantaine ou à la centaine de victimes occasionnées par la double explosion d’hier. Le fait que le site de l’attentat soit quelque peu en dehors de leur zone d’influence - nord du pays- ne les disculpe pas. Dans le Nigéria d’aujourd’hui, Boko Haram n’a pas de rival à sa taille, quand il s’agit de verser du sang et propager la violence et la terreur !
C’est à se demander vraiment quand tout cela prendra fin ? Il est vrai que beaucoup de Nigérians aimeraient savoir si jamais ils retrouveront un semblant de quiétude et de tranquillité ?
Ces questions, ils se les posent comme pour marquer leur drame, leur lassitude et leur désespoir. Car, si en dépit des menaces et des mises en garde en provenance du monde entier les attentats se poursuivent de manière aussi effrénée et que les victimes tombent, aussi nombreuses, c’est que l’ennemi a encore des forces et des stratégies criminelles insoupçonnées.
Pour se payer l’audace de faire comme si le sommet de Paris de samedi dernier n’avait pas eu lieu, les ‘’maîtres de la violence’’ doivent être forts de quelque chose. En tout cas, à date, le rapport de forces semble être en leur faveur. D’où la nécessité de sortir enfin des longues réflexions et des menaces stériles. L’existence du Nigéria en tant que pays et nation, et la vie de millions de ses habitants dépendent désormais de la promptitude et du pragmatisme qui doivent caractériser une réaction internationale qui, jusqu’ici, reste émotionnelle et de principe.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















