
Un constat qui va natrurellement au-delà des antagonismes de tous ordres. Etant de la communauté des hommes, l’Africain se sent alors tout simplement concerné.
Beaucoup de pays africains étaient nouvellement indépendant, quand, commandant la mission Appolo 11, Neil Amstrong a posé son appareil sur la lune. Indépendants, pour la plupart en 1960, les Etats africains n’avaient pas encore vécu le 10ème anniversaire de la souveraineté recouvrée. Autant dire qu’ils auront vécu l’événement plus en spectateurs qu'autre chose. Mais pour autant, intérieurement, chacun avait réalisé l’importance de l’événement, que l’être humain venait de réussir en foulant la lune, cet objet de lumière et de rêve, qui éclairait les veillées villageoises. Ces moments sublimes qui donnaient à chacun le complexe de n'être qu'un minuscule point dans l’espace! Cet événement-là, ne pouvait laisser personne indifférent. D’autant plus que dans l’imaginaire de bien de peuples africains, la lune est appréhendée comme l'objet de tous les fantasmes.
Jeunes et vieux, lettrés et incultes, hommes et femmes, tous avaient hoché la tête en signe d’admiration pour les responsables directs de ce pas de géant, les savants et ingénieurs de la Nasa.
Quarante-trois ans après, c’est le même sentiment qui anime l’Afrique. La disparition de Neil Amstrong est vécue sur le continent africain comme une grande perte pour l’humanité entière. Naturellement, au cours de ces quatre décennies de cheminement, les réalités socioéconomiques du continent n’ayant pas spectaculairement évolué, la peine ressentie ne s’exprime pas avec ostentation.
Pour autant, elle est là, diffuse et très largement partagée, car de manière relativement discrète, le premier pas de géant d’Amstrong a commencé à toucher directement l’Afrique. N’est-ce pas qu’à propos, Cheick Modibo Diarra en est la preuve vivante ? Les facilités de communication et d’informations résultant du grand maillage satellitaire n’en sont-ils pas également des dérivés bénéfiques dont jouissent tout autant les Africains que les autres populations du monde entier ?
Cependant, le défi doit être qu’en dépit de tous les innombrables problèmes qui assaillent le continent, la disparition de Neil Amstrong soit une opportunité pour inviter encore plus l’Afrique au rêve et à l’idéal. Il faut qu’à côté des problèmes alimentaires, de scolarisation, de guerres civiles et d’élections cauchemardesques, il y ait de la place pour des "folies" telles la conquête des planètes par les Africains aussi! C’est au bout de telles "folies" que le continent réussira à réduire son statut actuel de consommateur.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















