NAUFRAGE A FORECARIAH : 9 morts, 34 portés disparus et 16 sauvés

Déjà en proie à l’épidémie à virus Ebola, la préfecture de Forécariah n’avait certainement pas besoin du drame qu’elle a pourtant enregistré en ce vendredi. Le naufrage d’une pirogue qui reliait la sous-préfecture de Farmoriah à celle de Benty, où la plupart des passagers se rendaient, à la faveur du marché hebdomadaire de ce samedi. Malheureusement, le moteur les lâchant au niveau de Konta, le pire s’est produit avec déjà 9 corps repêchés, 34 portés disparus et 16 personnes sauvées.

Selon Saïbatou Yansané que nous avons jointe alors qu’elle était déjà dans une des familles mortuaires, le drame se serait produit dans les bandes de 14 heures. La pirogue qui était partie plus tôt de Farmoriah venait de faire une escale à Konta, en vue de débarquer une « passagère ».

A en croire notre interlocutrice, « C’est après que la dame soit descendue et qu’elle ait entrepris de rejoindre son domicile que le commandant, voulant redémarrer en vue de continuer, a demandé à son apprenti de remettre le moteur en marche». Malheureusement, l’engin refuse obstinément d’obéir. Après plusieurs tentatives infructueuses de la part de l’apprenti, le commandant lui-même vient essayer. Mais il n’obtient pas un meilleur résultat.

Entre temps, raconte Nénè Coyah Touré, une rescapée, « la pirogue s’était mise à voguer sous l’effet des vagues. Au bout d’une certaine distance, un bateau occupé par des chinois qui amarrait dans les environs apparait devant. Quand notre pirogue s’est suffisamment approchée de ce bateau, les hommes qui étaient parmi nous se sont levés pour essayer de nouer une corde entre le bateau et la pirogue. Histoire d’arrêter notre embarcation pour réparer la panne du moteur ». Mais, poursuit-elle, « dès qu’ils se sont levés, la pirogue s’est déséquilibrée et l’eau nous a envahis ».

A ce niveau du récit, la version de Saïbatou Yansané est légèrement différente. En effet, selon elle, « les hommes se sont plutôt levés pour, se servant notamment de leurs bras, empêcher que la pirogue ne se fracasse contre le bateau. Anticipant le choc, ils voulaient appuyer leurs bras contre le bateau pour ne pas que les deux navires se touchent. Mais prises de panique, les femmes les ont suivis. Ainsi, avant de heurter le navire occupé par des Chinois, la pirogue déséquilibrée, avait déjà pris l’eau ».

Pour le reste, les deux versions sont identiques. Très vite, les passagers se sont retrouvés dans l’eau. Alertés par les cris de désespoir, les occupants du bateau sont venus au secours avec les moyens qu’ils avaient (bouées et gilets de sauvetage). Relatant ce passage  avec une pointe pathétique, Nénè Coyah Touré lâche : « aidés par les Chinois, nous qui savions nous en servir, nous nous en sommes sortis. Les autres sont restés... ». Même si à ce niveau, Mme Yansané pense qu’il n’y avait pas assez de gilets pour tout le monde.

Pour ce qui est du bilan, nos deux interlocutrices s’accordent sur le fait que des passagers qui étaient à bord de la pirogue, 9 corps dont 5 adultes et 4 enfants, sont déjà repêchés. Par ailleurs, 16 personnes s’en seraient tirées avec des blessures légères.  Les autres passagers seraient encore portés-disparus .

Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info    

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