NAUFRAGE A BOULBINET: La surcharge mise en cause

Le bilan de l’embarcation qui a chaviré le vendredi dernier au large du port de Boulbinet, en direction des îles de Loos, est lourd. Déjà, le nombre de huit victimes est désormais prouvé. Or, sur les 58 personnes qui avaient pris place à bord du navire de fabrication artisanale, seules 27 avaient été retrouvées vivantes. En d’autres termes, arithmétiquement, 23 passagers sont portés disparus. Bien que la prudence requiert que l’on continue à employer ce terme, aussi longtemps que la preuve matérielle de leur mort n’aura pas été apportée, il est très peu probable qu’ils soient retrouvés vivants. Ce qui fait qu’on n’est pas loin de les ranger dans la catégorie de ceux qui y sont restés. Ce qui serait un bilan fort regrettable. Une enquête pourrait être chargée de déterminer les circonstances exactes de l’accident et d’en déterminer les causes réelles. Mais en attendant et connaissant d’habitude les résultats de ces fameuses commissions d’enquête, on devrait se contenter d’un certain nombre d’éléments évidents liés au tragique événement... 20:51 3-9-2012

Selon diverses informations, la pirogue devait recevoir au maximum une vingtaine de passagers. Alors que, comme on l’a dit plus haut, il en contenait au total 58. Autrement dit, deux fois plus que le nombre requis.

Si une telle surcharge ne peut pas, dans l’absolu, passer pour la raison de l’accident, par contre, il est de beaucoup dans le nombre élevé des victimes réelles et potentielles. Comme ce qui s’était passé lors de l’accident de voiture qui, récemment, avait plus d’une cinquantaine de morts en forêt, les passagers eux-mêmes semblent avoir négligé les facteurs se rattachant à leur sécurité. D’autant plus qu’en plus de cette surcharge humaine, la pirogue était chargée de divers bagages assez lourds. En plus, il y avait beaucoup de femmes et d'enfants.

Mais au-delà des passagers eux-mêmes, les services en charge de la sécurité du transport maritime sont également du drame. Il est évident qu’ils auront fait montre de laxisme et de négligence. Sinon, ils auraient du empêcher tout ce monde d’embarquer dans le navire. Même si pour cela, il fallait aller en guerre contre quelques-uns des passagers.

Mais il se passe qu’en Guinée, invoquant la précarité des conditions de vie, chacun trouve une excuse à l’entorse des principes. C’est le fameux « qu’est-ce qu’on peut y faire ? ». C’est l’accommodation avec la violation de tous les principes, au motif que les conditions socioéconomiques ne sont pas réunies pour qu’on s’y conforme. Une attitude qui pourrait avoir coûté la vie à plus d’une trentaine de nos compatriotes!

Au-delà, ce sont des familles entières qui en sont impactées aussi bien émotionnellement que socialement. Mais le fait que les sanctions ne sont pas toujours prises dans ce genre de défaillances est également en cause.

Il s’agit d’un laxisme ambiant et généralisé duquel personne n’est exempté. Heureusement qu’il y a conception socio-religieuse qui ramène tout à Dieu. Sinon...

Momo Soumah pour GuineeConakry.info

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