
C’est ce qui s’est passé ces derniers jours au Nigéria et au Kenya. Au total, dans ces deux pays, pas moins de 80 personnes viennent de perdre la vie dans des attentats terroristes. Dans l’un et l’autre cas, Boko Haram et Shebabs sont pointés du doigt. Quoi qu’en pense le président kenyan.
Face à la série d’attentats horribles et meurtriers qui pourraient encore s’abattre sur la partie nord du Nigéria, la très probable élimination des Super Eagles nigérians est certainement de moindre importance. Certes, dans les conditions normales, la piètre prestation de l’équipe nigériane face au modeste Iran, est une source de préoccupation. Sauf que depuis un certain temps, le géant ouest-africain vit dans la peur-panique.
Tuer la passion du foot
En cause ? La secte islamiste Boko Haram qui, ces derniers temps, soumet l’Etat fédéral et les forces de sécurité en particulier à de rudes épreuves. Après avoir prévenu qu’ils séviraient sans pitié contre ceux qui laisseraient libre cours leur passion en faveur du football pendant cette Coupe du monde, les combattants d’Abubakar Shekau sont passés à l’acte dans la soirée du mardi dernier, à la faveur du match entre le Brésil et le Mexique. Avec une bombe posée dans un pousse-pousse, les terroristes se sont attaqués contre un groupe de personnes qui suivaient la rencontre à Damaturu, dans l’Etat de Yobé. Sur place, on a déploré au moins une vingtaine de morts. Aucunement affectés, les terroristes promettent de poursuivre dans cette folie meurtrière à chaque fois qu’ils en auront l’occasion.
Boko Haram-Shebabs, le tandem de la mort
Si à priori, il n’y aucune connexion visible entre Boko Haram et Shebabs, les agissements des deux groupes terroristes de ces derniers jours coïncident cependant. Et relèvent à n’en pas douter de la même logique. C’est ainsi que le dimanche et le lundi derniers, le Kenya aussi a enregistré deux attentats perpétrés vraisemblablement par les Shebabs somaliens.
Dans les deux cas, les auteurs présumés, à la différence du cas nigérian, ont clairement revendiqué leur forfaiture. Le total des pertes en vie humaine s’élève à 60 personnes. Mais au-delà de ce bilan des plus effroyables, c’est la polémique que le président Uhuru Kenyatta vient de susciter à propos de l’attentat de Mpeketoni qui préoccupe davantage. Selon le président kenyan en effet, ledit attentat serait l’œuvre de l’opposition politique locale. Une prise position qui tranche avec l’avis de tous les spécialistes en la matière et qui est perçue comme une attaque frontale contre l’opposition incarnée par Raila Odinga.
Les conséquences de cette déclaration que l’on redoute le plus serait qu’elle précipite le pays dans des troubles sociopolitiques, et réveillent les vieux démons de l’ethnocentrisme, à l’image de ceux d’il y a sept ans, avec au moins 1200 morts. Les craintes sont d’autant plus grandes que les différentes formations politiques sont définies selon les contours ethnoculturels du pays. Alors, attention, danger !
GCI suit pour vous.
Boubacar Sanso BARRY pour GuineeConakry.info




















