
La toiture de la maison laisse passer les eaux de pluie. Face à cette préoccupation, l’Etat, à travers le secréterait général aux Affaires religieuses, a promis de veiller à la réparation rapide. Mais au sein de la population, des voix se font entendre pour dénoncer les précédents travaux qui obligent quasiment l’Etat à mettre la main à la poche tous les ans. Sans oublier que l’on devrait dorénavant penser à un mécanisme de fonctionnement et de gestion interne de cette institution pour éviter que ce soit toujours l’Etat qui soit sollicité même pour des besoins aussi mineurs. En cette veille de Ramadan, c'est inquiétant.
Les images diffusées sur les ondes de la télévision présentaient un spectacle désolant de la mosquée. On aura en effet eu droit à des murs fissurés et où les eaux sales font la fête. Sur le sol, on n’a non plus de quoi être fier. La salle de prière est inondée par endroits. Pour éviter que des tapis de prières ne pourrissent, certains ont été pliés et accrochés en maints endroits. Ce qui en rajoute au caractère vétuste et inesthétique des lieux. Quant au toit, on croirait avoir affaire à une mosquée dont la dernière réparation remonte à des siècles. d’années. Bref, en cette saison des pluies, la mosquée Fayçal ne donne pas une image digne de son envergure et de son statut d'icone de carte postale.
Cette regrettable situation a été relevée par divers responsables des lieux, à commencer par le premier imam, Elhadj Mamadou Saliou Camara. Les uns et les autres ont plus ou moins sollicité l’intervention des bonnes volontés pour la résolution de ce récurrent problème. Appels de détresse que le secrétaire général aux Affaires religieuses, Elhadj Abdoulaye Diassy, semble avoir bien entendu. En tout cas, il a promis que son institution veillerait à la réparation.
Mais au-delà de cette réparation dont la pertinence et la nécessité ne souffrent d’aucune contestation, beaucoup se demandent si les réparations qui ont eu lieu par le passé l’ont toujours été dans les règles de l’art ? Sinon, selon eux, chaque année, on ne serait pas confronté à la même réalité.
De deux choses, l’une, clament-ils ; soit, du point de vue technique, comme cela peut se remarquer dans beaucoup de contrats et avec de nombreuses d’entreprises, les travaux ont été mal exécutés et que l’Etat ait été floué ; soit, la gestion des fonds destinés à la réparation ne l’ont pas été de façon à bien faire le travail.
Le fait qu’il s’agisse d’une maison de Dieu ne doit pas en effet préfigurer d’une transparence et de la régularité à priori des conditions de fonctionnement et de gestion. Avant tout, avant de devenir religieux, les uns et les autres sont humains. Ce qui veut dire qu’ils ne peuvent pas échapper miraculeusement aux insuffisances notamment morales dont souffre l’ensemble de leurs compatriotes.
Des doutes sont d’autant plus permis que, par ailleurs, on a du mal à comprendre que pour le moindre problème à la mosquée, on tend les bras vers l’Etat ou autres bienfaiteurs. On sait notamment que cette mosquée enregistre beaucoup de sacrifices, d’aumônes et d’autres dons en tous genres et de toutes natures.
Ne devrait-on pas alors amener les principaux responsables de la mosquée à faire en sorte que certains de ces sacrifices servent un peu la mosquée ?
C’est peut-être le moment de commencer à penser à étendre la fonction de l’imamat au-delà des simples offices cultuels. Ces leaders d’opinion et qui incarnent également une certaine autorité morale doivent également expérimenter la gestion administrative.
Ainsi, en plus de l’atout que l’on pourrait tirer de leur implication et de
leur responsabilisation pleine et entière dans la gestion effective de leur
institution, on pourrait également se réjouir de la formation qu’ils acquerraient
sur le tas. Ce qui leur permettrait de toucher du doigt la réalité de certains
faits et fléaux au menu de leurs divers sermons.
Momo Soumah pour GuineeConakry.info




















