MONT SIMANDOU: Le géant mondial du fer menacé en Guinée

Les débats sur la révision des conventions minières et plus précisément, sur la concession minière portant sur la chaine du Mont Simandou sont très suivis par les Guinéens de toutes les couches socioprofessionnelles. Pour ce faire, la rédaction de GCI a estimé que les populations qui constituent les observateurs privilégiées du travail...

...étatique sont mieux placées pour se prononcer sur ce sujet éminemment actuel. Notre reporter a alors initié un panel pour permettre aux uns et aux autres de donner leurs points de vue...


La première question est la suivante : Rio Tinto a déjà employé en Guinée 1800 personnes en 2008 et dépensé près de 450 millions de dollars dans l’exploration des gisements de fer, pour le développement communautaire et la protection de l’environnement. Que pensez-vous de cette société?



La deuxième est la suivante : l’ancien gouvernement a tenté de retirer à Rio Tinto une partie de sa concession, en la donnant à une autre société qui n’a aucune expérience dans l’exploitation des minerais de fer et réalise peu de travaux en Guinée. Qu’en dites-vous?


Sur douze personnes que nous avons contactées, dix ont trouvé que Rio Tinto est victime d’injustice que devrait réparer, selon elles, le CNDD. Et qu’en conséquence, des efforts doivent être fournis pour revenir autour de la table de négociation avec cette société qui a fait naître beaucoup d’espoir chez de nombreux Guinéens. Par rapport à la société BSGR choisie, selon des critères qui restent à définir, pour se partager la chaîne du mont Simandou, plus de la moitié des personnes interviewées affirment n’avoir aucune connaissance d’elle. Deux d’entre elles affirment connaitre BSGR uniquement dans le secteur du diamant.


Quoiqu’il en soit, la réputation de BSGR n’est pas de nature à lui créditer, au point de l’attribuer la gestion du plus grand projet minier de la Guinée. Surtout que, des relents de perceptions des pots-de-vin que cache toute cette affaire organisée autour d’un des plus proches du président défunt, le général Lansana Conté. Un proche qui aurait usé de toutes ses influences pour faire annuler enfin de compte la convention de Rio Tinto.


La révision des conventions minières dans l’ensemble, portant soit sur celles de Rio Tinto ou non relève d’un besoin ressenti et même réclamé à cor et à cri par tous les Guinéens. Mais à condition que cette fois, le contrat profite réellement aux Guinéens. Parce qu’en réalité ce qui étonne dans cette affaire, c’est que, tout se passe comme si le but fondamental de la division en deux du projet minier de Simandou n’est pas uniquement d’améliorer le revenu minier de l’Etat guinéen, mais surtout de remplir les poches de certains compatriotes tapis dans l’ombre.


En particulier, certains compatriotes sont étonnés d’apprendre qu’il est question de donner la moitié de cette richesse fabuleuse à BSG de Beny Steinmetz, un homme accusé par certains d’être impliqué dans les plus grands réseaux mafieux à travers le monde. Tout comme sa société accusée aussi de financer des conflits et un peu partout dans les pays des Grands Lacs. Interrogé, un expert minier sépcialistes des relations de cause à effet entre les richesses minières et l’instabilité politique en Afrique déclare :« Ce serait une grave erreur pour la Guinée de s’associer avec des gens sans foi ni loi comme Beny Steinmetz. Il faut savoir que des compagnies publiques comme Rio Tinto sont soumises à la pression des d’actionnaires connus et sont surveillées par des ONG dans leurs activités. Alors que les créations en Afrique de Steinmetz telles que Nikanor (Congo), Koidu Holdings S.A (Sierra Leone), et BSGRessources (Guinée) etc… sont des sociétés opaques dont nul ne connaît les actionnaires véritables et qui n’ont de compte à rendre à personne ». Et d’ajouter « Contrairement à Rio Tinto, BHP ou Arcelor Mital qui sont des sociétés ouvertes obligées de travailler dans la transparence et à respecter des engagements à travers le monde, ces gens n’hésiteront pas à financer une rébellion en Guinée si leurs intérêts sont menacés ».


En ce qui concerne Rio Tinto, il faut dire que le début de construction des infrastructures minières, ferroviaires et portuaires est prévu pour 2010 et la première production prévue en 2013. Est-il besoin de rappeler que Rio Tinto est la deuxième plus grande compagnie d’exploitation au monde et la première de portée mondiale.


La Guinée vraiment a besoin d’une telle compagnie pour une entrée en force sur le marché mondial du fer. Cela est d’autant plus important que Rio Tinto détient toute l’expertise nécessaire pour la mise en place d’une mine de fer de dimension mondiale. A cela s’ajoute l’engagement résolu de ladite société à mettre tout en œuvre pour promouvoir un développement rapide harmonieux et durable en Guinée avec ses 65.000 employés opérant dans 65 pays dans le monde. Rio Tinto emploie de nos jours plus de 1800 personnes originaires pour la plupart des régions de la Haute Guinée et de la Guinée Forestière qui abritent le projet. Et quand on sait qu’en Guinée, un employé nourrit au moins dix personnes, il y a bien de quoi se réjouir.


Jusqu’en 2008, Rio Tinto a investi un montant évalué à plus de 450 millions de dollars en Guinée. Pendant la phase d’exploitation, plus de 4500 personnes seront directement ou indirectement employées dans ce projet minier. Sans compter que les taxes minières à verser à l’Etat guinéen et qui vont ainsi tripler voire quadrupler. Ces taxes représentent plusieurs milliards de dollars pour l’Etat guinéen.


Evidemment pour la réalisation des infrastructures minières, ferroviaires et portuaires, un montant total de 6 milliards USD est requis. Pour le décaissement d’un telle somme nul n’est besoin de comprendre qu’il faut être une société crédible auprès des banques internationales.


Rio Tinto opère sur la totalité des 738 Km2 de concession minière qui ne représente que 18% des titres miniers dans la région. De nos jours, Rio Tinto a réussi à réaliser 218.000 km2 de forages sur plus de 1200 sites avec plus de 16 foreuses conçues spécialement pour cela.


Rio Tinto opère depuis 1996 en Guinée et elle a librement négocié son contrat avec de procéder à sa signature officielle avec l’Etat. Un contrat qui a été validé par la suite par l’Assemblée nationale avant d’être avalisé par le chef de l’Etat, le général Lasana Conté.


Malgré tout, Rio Tinto a rétrocédé, suite à la demande de l’Etat, 50% de sa concession minière en 2000 lors du renouvellement du permis de recherche. Toutefois, le géant mondial du fer tient toujours à poursuivre les négociations avec l’Etat guinéen pour aboutir à un consensus à l’avantage de toutes les parties et pour l’intérêt supérieur de la nation.


A l’actif de Rio Tinto, il convient de le noter qu’il a été investi rien que dans les projets d’infrastructure routière un montant de 40 millions de dollars.


A propos, il faut rappeler la réhabilitation de nombreux points noirs sur la nationale Kankan-N’Zérékoré, grâce à l’apport inestimable des sous-traitants guinéens, maîtres de l’ouvrage. Le tronçon Moribadou-Beyla-Mt Simandou a été également réalisé à coût de plusieurs milliards de francs guinéens. Sans compter la construction de l’aérodrome de Beyla. Dans les préfectures de Beyla, Kérouané et la ville de Conakry, de nombreux centres de santé, écoles, maisons des jeunes, bâtiments communautaires et autres bourses scolaires ont été financées. Et conformément à un plan préalablement établi, des sérieuses études environnementales ont été réalisées sur le terrain sur financement de Rio Tinto. A propos, il a été financé la réalisation du centre forestier de N’Zérokoré. De même que des études extensives sur la biodiversité.


Toujours dans le cadre des projets communautaires, Rio Tinto a financé un projet d’électrification dans la partie sud-est du pays. D’autres études sur la réalisation d’un service de transport urbain et interurbain de passagers et fret entre Kaloum et le Km 36 (ayant couté 600.000 dollars pour une première tranche) ont été financées.


Rio ne s’intéresse pas qu’à la région forestière et la ville de Conakry, elle a financé un dossier d’appel d’offres et une étude d’une valeur de 1 million USD dans le cadre e la réhabilitation du chemin de fer Conakry-Kankan.


Kerfalla Kourouma pour GuineeConakry.info

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