
Incontestablement, la communication d’Aubain Minaku est une conséquence des soubresauts que Kinshasa a connus au cours de la semaine dernière. Le pouvoir congolais a voulu lancer un ballon d’essai pour se faire une idée de l’ampleur de la réaction de l’opposition et de la société civile. Et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il a été plutôt servi.
Impression de compréhension
Certes, les rues de la capitale congolaise n’avaient pas connu une mobilisation populaire identique à celle qui a contraint Blaise Compaoré au départ prématuré ; mais les étudiants qui ont répondu aux mots d’ordre des leaders de l’opposition, ont fait montre de détermination. Ils ont mis à rude épreuve l’impressionnant dispositif sécuritaire pour faire obstacle à leurs aspirations. Mettant en avant la paralysie de la ville, les diplomates étrangers n’attendaient pas mieux pour convaincre Joseph Kabila de la bêtise de son entêtement. Le président congolais, pour sa part, a donné l’impression qu’il avait enfin compris le message.
Demeurer vigilant
C’est ainsi qu’Aubain Minaku a fait sa sortie surprise de samedi. Mais le fait que la loi adoptée hier n’ait pas été communiquée aux deux chambres du parlement, laisse croire que les autorités congolaises n’ont pas forcément envie de céder aussi facilement. Elles ne veulent pas céder sur un projet qui leur est aussi cher. Elles voudraient visiblement mettre à profit cette opacité inventée de toutes pièces. Au-delà, la joie qu’avait manifestée l’opposition congolaise semblait pécher par une certaine naïveté.
En effet, même si, conformément à la promesse faite par le président de l’Assemblée nationale, la loi était effectivement élaguée de l’alinéa controversé, il n’en serait pas fini des ambitions de Joseph Kabila d’aller au-delà de son second mandat. Certes, la question du report des élections présidentielles et législatives serait résolue, mais Kabila pourrait toujours revenir à sa première stratégie, à savoir la modification de l’article 220, relatif au nombre de mandats. D’où la nécessité pour l’opposition et la société civile congolaises de demeurer vigilantes jusqu’en décembre 2016. Et même au-delà, car le pouvoir congolais exploitera toute brèche qui s’offrira à elle. C’est le système morbide des opportunités ou de l’opportunisme politique !
Boubacar Sanso BARRY pour GCI
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