
Il aura fallu que certains grands acteurs de la communauté internationale dont Samantha Power et Ban Ki-Moon constatent par eux-mêmes l'ampleur du drame centrafricain, pour que l'ONU consente à autoriser le déploiement de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies en RCA (Minusca). L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU et le secrétaire général de l'instance internationale se rendant tous deux à Bangui, dans le contexte des commémorations des 20 ans du génocide rwandais, semblent avoir subitement pris conscience face aux horreurs que certains Centrafricains endurent. En conséquence, la résolution soumise hier par la France au Conseil de sécurité n'a souffert d'aucun problème pour son adoption. Dès le 15 septembre prochain, 10.000 soldats (dont les 6000 membres de la MISCA) et quelques 1800 policiers seront disséminés en RCA, pour venir en aide aux 2000 soldats de Sangaris et 800 membres d'Eufor-RCA, dans la stabilisation
et la sécurisation du pays.
En raison de la pluralité des facettes que recouvre la problématique centrafricaine, l'ONU a veillé à ce que sa mission soit multidimensionnelle cependant. Nécessitant un coût estimé à entre 500 et 800 millions de dollars, la Minusca a pour mandat la protection de la population et des convois humanitaires, le maintien de l'ordre, le soutien à la transition politique, le respect des droits de l'homme et l'arrestation des responsables d'exactions. Pour un si vaste chantier, elle comprend, outre les soldats et policiers, des administrateurs, des ingénieurs, des juristes. D'où sa dimension multidimensionnelle.
Au-delà de la joie que cette autorisation formelle semble procurer à tout le monde, il faudra demeurer prudent. Car avec la fameuse communauté internationale, il est toujours conseillé d'envisager un décalage sensible entre les promesses et leur traduction en actes concrets. Et quelques fois même des rétropédalages. En la matière, le cas de la mission européenne est une éloquente illustration.
Or, avec ce qui se passe actuellement à Bangui et dans les régions centrafricaines, un autre retard pourrait précipiter le pays dans une situation de génocide. Surtout que le départ des soldats tchadiens laisse la communauté musulmane sans défense, face aux bourreaux que constituent pour elle, les miliciens anti-balaka.
Boubacar sanso Barry pour GuineeConakry.info




















