MGR ALBERT DAVID GOMEZ: Une victime innocente de l'opposition guinéenne

Le dialogue politique inclusif qui se tient jusqu’ici au Palais du peuple bat de l’aile. Pour beaucoup d’observateurs d’ailleurs, le terme d’échec est celui qui convient le mieux pour décrire ce vers quoi ce dialogue s’achemine "tristement". Les critiques qui fusent particulièrement de l’opposition pour dénoncer une certaine attitude du président du comité de facilitation, Mgr Albert David Gomez, sont annonciatrices des couleurs. Désormais, le déficit de confiance qui avait été souvent pointé au sein de la classe politique guinéenne, semble aussi toucher, le chef de l’église anglicane. Pourtant, ce dernier était encore l’une des rares personnalités du pays à bénéficier d’un minimum d’autorité morale qui fasse consensus. Mais en réalité, le malheureux homme d’église s’est retrouvé dans une situation où les chances de réussite étaient plutôt minimales. La responsabilité du fiasco en vue sera donc plutôt collective... 13:25 18-2-2012

La classe politique ne cessera décidément jamais de décevoir le peuple au nom duquel elle dit se battre. Pour s’en rendre compte, il suffit d’évaluer l’impression générale qui se dégage du cuisant échec qui est en passe de caractériser la fin du dialogue politique.

Plus d’un mois d’assises, de pourparlers, de discussions, d’interminables débats. Et enfin de compte, rien ! C’est tout simplement lamentable. Aujourd’hui, on est pratiquement de retour à la case départ. Les antagonismes politiques menacent la tenue des élections législatives dans un climat de sérénité et de paix retrouvée. Ce qui risque bien entendu d’enfoncer davantage les clivages politico-communautaristes qui mettent à rude épreuve le tissu social.

Mais au-delà de cette crise politique, on a de plus en plus le sentiment que la Guinée souffre d’une véritable crise morale. Une crise morale qui laisse croire que le pays ne dispose d’aucune autorité au-dessus de tout soupçon. Déjà, entre les deux tours de l’élection présidentielle, ce même déficit d’autorité morale avait fait une regrettable brèche dans la souveraineté nationale du pays.

Aujourd’hui, le même scénario est sur le point de se répéter, pour la plus grande déception des Guinéens. En effet, flairant la fin du dialogue sans aucun consensus, l’opposition politique dans son ensemble, vient d’animer une conférence largement consacrée à une attaque en règle contre le facilitateur en chef, Mgr Albert David Gomez. On lui reproche tout à la fois une certaine partialité, un manque évident de poigne et une absence de pouvoir de décision. Selon l’opposition, le président du comité de facilitation se contente "d’enregistrer et de consigner les différents points de vue et opinions exprimés autour de la table du dialogue".

Peut-être bien que toutes ces critiques sont fondées. Mais la question est bien celle de savoir si c’est aujourd’hui seulement qu’il fallait faire ces remarques ?

Qu’avait-on fait au début du dialogue pour empêcher que l’on ne se retrouve dans ce cas de figure ?

N’aurait-il pas fallu commencer par définir de manière formelle la feuille de route et les termes de références du comité de facilitation ?

N’aurait-on pas mieux fait de définir préalablement le champ d’action et les prérogatives du comité de facilitation ?

Au lieu de se préoccuper de toutes ces questions cruciales et préalables, la classe politique, toutes tendances confondues, se comportant en amateurs ou tout simplement cédant à une certaine hypocrisie, avait foncé, tête bêche, dans un dialogue politique ne pouvait en être un. Etant donné qu’aussi bien l’opposition que la mouvance présidentielle s’étaient déclarées pour un processus de dialogue politique sincère, il leur revenait, à tous, de s’assurer de la transparence et de la crédibilité des conditions de départ. Ils ne l’ont pas fait et ils doivent tous assumer,  endosser la responsabilité de l’échec.

Ceci étant dit, le comité de facilitation lui-même, est-il exempt de tout reproche ?

Certainement pas. Certes, il était du devoir de la classe politique de contribuer à conférer au comité les conditions de la réussite de la mission, à elle confiée. Mais se sachant engagé dans une mission de portée historique, ce même comité aurait du et pu exiger de savoir qu’attendait-on précisément de lui. Il aurait d’autant plus exigé de s’assurer de ces conditions qu’aujourd’hui l’échec en perspective porte la marque de sa responsabilité, lui aussi.

Et puisqu’il ne l’a pas fait, il n’est pas moins comptable de l’échec que l’est la classe politique. Malheureusement, c’est encore et toujours, l’image et peut-être même la stabilité du pays qui en prennent un coup. 

Boubacar Sanso Barry pour GuineeConakry.info

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