
Une manifestation qui, avec la masse drainée, a tenu, dans une large mesure, toutes ses promesses. C’est le point de départ d’une série de manifestations devant déboucher, conformément aux vœux de Cellou Dalein et ses compagnons de lutte, « au départ définitif du pouvoir », espère-t-on, à la burkinabé, du Président Alpha Condé et de son régime.
Reste bien entendu à savoir comment cette opposition qui a fait preuve de tant de carences dans l’organisation matérielle de son meeting de lancement programmé sur les voies et places publiques, pourrait s’y prendre ?
Il faut dorénavant apprécier l’esprit civique qui a sous-tendu la tenue du meeting de l’opposition, et qui aura confirmé le fait que processus démocratique, dans lequel s’est engagée la Guinée, est en bonne voie. A l’actif de l’ensemble des acteurs politiques qui, sans être exempts de tout reproche, donnent l’impression de s’amender à mesure que le temps passe.
Ainsi, hormis quelques incidents, signalés le long de leur parcours, jugés de mineurs par certains hommes de média, les militants de l’opposition ont rallié l’esplanade du stade du 28 septembre dans une relative tranquillité. Aucun affrontement avec les forces de l’ordre, encore moins avec des paisibles passants. Ceux-là ont continué à vaquer à leurs affaires, sans aucun heurt véritable signalé. Jusqu’à l’arrivée sur les lieux grouillant de militants des principaux leaders de l’opposition qui sont restés perchés sur les capots de leurs véhicules pour s’adresser à ‘assistance.
C’est le député de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, UFDG, Aboubacar Sylla, qui a ouvert le bal. En véritable pourfendeur du régime, il a fait une peinture en noir des quatre années du régime d’Alpha Condé. Il a notamment dénoncé ce qu’il a qualifié de ‘’violations des textes de lois régissant l’Etat guinéen, de comportements partisans de la Commission Electorale Nationale Indépendante, CENI, de gestion calamiteuse de l’épidémie d’Ebola… bref de la pratique d’une politique qui serait, selon lui, à l’origine de la précarité ambiante à l’échelle nationale.
Il a été immédiatement suivi par Faya Millimono du Bloc Libéral, qui a déclaré de manière péremptoire que ‘’le scénario burkinabè est bel et bien possible en Guinée. Et la Guinée peut mieux faire que le Burkina Faso’’. Avant d’ajouter que ‘’ tout comme son ami Blaise Compaoré, le Président alpha Condé ne serait pas à l’écoute de son peuple. Il doit appliquer les conseils qu’il donnait à son ami Blaise. ‘’
Ibrahima Sylla Bah du PRGP, s’est inscrit dans la même logique, en flétrissant la gouvernance du président Alpha Condé et de son régime. Il appellera par la suite les militants de l’opposition à rester mobilisés pour la victoire finale lors des échéances électorales très prochaines. En tout cas, en 2015 !
En l’absence de Sydia Touré de l’Union des Forces Républicaines, UFR, son secrétaire administratif a harangué la foule, en déclaration fermement que le leader de son parti en mission politique à l’étranger, reste de cœur avec les militants de l’opposition. Il a réitéré la volonté de l’UFR de battre le pouvoir en place à l’occasion de la présidentielle de 2015.
En prenant la parole, Cellou Dalein Diallo, (officiellement reconnu ‘’chef de file de l’opposition’’), a déclaré que le meeting marque le point de départ d’une série de manifestations sur les voies et places publiques. Ceci, dit-il, jusqu’à la satisfaction totale de l’ensemble des revendications de l’opposition. Le président de l’UFDG s’est montré catégorique au fil de son discours et est allé jusqu’à menacer le pouvoir en disant ceci : « Dans le cas où il se montre incapable d’accéder à nos revendications, nous n’aurons d’autres choix que de réclamer le départ d’Alpha Condé du pouvoir ! ».
Kerfalla KOUROUMA pour GCI
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